Un procès quatre décennies après les faits. Les parents de la fillette de 4 ans retrouvée morte et torturée en 1987 au bord de l’autoroute A10, comparaîtront en novembre prochain devant la cour d’assises du Loir-et-Cher, à Blois, a appris l’AFP ce lundi auprès d’avocats. La mère de la petite Inass, surnommée «la martyre de l’A10» en raison des marques de violences retrouvées sur son corps, doit être jugée pour «torture et actes de barbarie ayant entraîné la mort». Le père sera lui jugé pour «complicité». Ils sont respectivement âgés de 71 et 74 ans.
Ce procès, aboutissement d’un des plus anciens cold cases en France, s’étalera sur trois semaines, du 9 au 27 novembre.
Marques de violences, brûlures et morsures
La découverte, le 11 août 1987, de la dépouille mutilée de cette fillette dans un fossé de l’A10 par deux agents de l’autoroute, à hauteur de Suèvres, un petit village du Loir-et-Cher entre Orléans et Tours, a alimenté pendant des décennies la chronique judiciaire. Le corps portait des marques de violences, dont des traces de brûlures dues à un fer à repasser et des cicatrices dues à des morsures humaines, probablement infligées par une femme, selon les médecins légistes et des rapports consultés par l’AFP.
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L’affaire a par la suite été marquée par de multiples rebondissements. A court de pistes ou de suspects, la gendarmerie avait initialement lancé le plus grand appel à témoins jamais initié en France pour tenter d’identifier la victime. Son signalement avait été diffusé dans plus de 30 pays et sa photographie, placardée dans tous les endroits publics. En vain.
Ce n’est qu’environ trente ans plus tard, en 2018, que les enquêteurs parviennent à remonter jusqu’aux parents, grâce à un prélèvement ADN effectué sur le frère de la victime dans une affaire de violence. La comparaison avec le fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG) révèle ainsi une correspondance avec des traces ADN retrouvées sur les vêtements et la couverture dans laquelle était enveloppé le corps de fillette, permettant enfin de l’identifier.
Toutefois, plusieurs recours des parents et du parquet de Blois contre l’ordonnance de mise en accusation du juge d’instruction ont retardé la tenue d’un procès. En septembre 2024, la Cour de cassation a finalement ouvert la voie à un procès des parents et validé les chefs d’accusations initiaux. «C’est une première étape pour redonner un peu de dignité à cette fillette qui a perdu son identité», a estimé Agathe Morel, avocate de l’association Enfance et partage.




