«A cause de moi, Sarkozy était au fond du trou. Mais grâce à moi il va s’en sortir la tête haute et il me renverra l’ascenseur quand il sera réélu.» Ziad Takieddine, l’intermédiaire franco-libanais en fuite au Liban depuis sa condamnation dans l’affaire Karachi, pavoisait auprès d’un ami après avoir blanchi Nicolas Sarkozy dans une curieuse interview publiée par Paris Match et par BFMTV, le 12 novembre 2020. En effet, après l’avoir chargé pendant des années dans l’affaire du supposé financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, il avait subitement fait machine arrière. «Sarkozy n’a pas touché un centime» de sa part, affirmait-il, la main sur le cœur.
Même si le dossier reposait largement sur d’autres témoignages que le sien, et notamment sur des «indices graves ou concordants», avait assuré le Parquet national financier, l’interview servait à point nommé les intérêts de l’ancien président, dont le procès dans le dossier de trafic d’influence dit «Bismuth» commençait quelques jours après. Une information judiciaire avait donc été ouverte pour «subornation de témoin» et «association de malfaiteurs en vue de commettre une escroquerie en bande organisée», histoire de tenter d’éclairer les coulisses de ce «coup» médiatique.
«Mépris du secret des sources»
Les enquêteurs ont progressé en toute discrétion et, coup de théâ