La justice se penche sur les morts suspectes de deux nourrissons ayant consommé du lait infantile. Le parquet de Bordeaux a informé ce jeudi 22 janvier de l’ouverture d’une enquête pénale en recherche des causes de la mort d’un nourrisson ayant consommé un lait infantile Nestlé, deux jours après l’annonce d’investigations sanitaires sur ce décès. «Une fois sorti de la maternité, le nourrisson avait notamment été alimenté, entre le 5 et le 7 janvier 2026, avec un lait artificiel de marque Guigoz ayant fait l’objet d’un rappel pour une possible contamination par une bactérie Bacillus cereus», a précisé Renaud Gaudeul, procureur de la République à Bordeaux, qui a sollicité des analyses pour «déterminer la présence ou non de la bactérie» dans le lait ingéré.
Une deuxième enquête a été ouverte, cette fois par le parquet d’Angers, selon les informations de Radio France ce jeudi confirmées dans la soirée par le procureur de la ville, Eric Brouillard. Là aussi, il est question de la mort d’un nourrisson, le 23 décembre, ayant consommé du lait Guigoz. Ce lait appartiendrait «à des lots rappelés en raison d’une contamination à la toxine céréulide», d’après Radio France.
«Il y a deux jours», la mère de la petite fille de 27 jours a recontacté les enquêteurs pour évoquer cette boîte de lait Guigoz donnée auparavant à son bébé, a indiqué ce jeudi soir Eric Brouillard. «C’est une piste sérieuse» mais il est «beaucoup trop tôt pour dire que c’est la piste principale», a souligné le procureur, qui a saisi «en urgence» un laboratoire.
Une soixantaine de pays concernés
Nestlé, géant suisse de l’agroalimentaire, a engagé depuis plusieurs semaines le rappel de laits infantiles des marques Guigoz et Nidal à travers le monde à cause de la présence potentielle d’une bactérie, Bacillus cereus, susceptible de provoquer des troubles digestifs, comme des diarrhées et vomissements, avec des complications parfois graves.
Le rappel concerne désormais une soixantaine de pays, dont la France, et le patron de Nestlé, Philipp Navratil, a présenté des excuses mi-janvier alors que le groupe est accusé par certaines ONG d’avoir tardé à prendre des mesures. «Je tiens à vous rassurer sur le fait qu’aucun cas de maladie liée aux produits touchés n’a été confirmé jusqu’à présent», avait-il souligné, insistant sur le fait que le rappel était une mesure «de précaution».
Mercredi, le géant laitier Lactalis a lui aussi annoncé procéder à un rappel de six lots de lait infantile de la marque Picot en France, en raison de la «présence potentielle» de «céréulide», substance d’origine bactérienne susceptible de provoquer diarrhées et vomissements.




