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L’ancien vice-président de la métropole de Brest, Charles Kermarec, condamné pour viols incestueux sur trois de ses neveux

L’homme de 70 ans qui avait reconnu les faits à l’ouverture de l’audience le 14 janvier devant la cour criminelle du Finistère, a écopé ce vendredi de treize ans de réclusion criminelle, assortie de cinq ans de suivi sociojudiciaire.

Charles Kermarec, le 4 juillet 2020. (Nicolas Ollier/Le Telegramme. MAXPPP)
Publié le 14/01/2026 à 15h53, mis à jour le 16/01/2026 à 18h42

La cour criminelle du Finistère a condamné ce vendredi l’ancien vice-président de Brest métropole, à une peine de treize ans de réclusion criminelle pour viols et agressions sexuelles sur trois de ses neveux. La peine a été assortie de cinq ans de suivi sociojudiciaire avec injonction de soin.

Le procès de Charles Kermarec s’était ouvert mercredi 14 janvier à Quimper. «Je reconnais les faits», avait lâché l’accusé à la barre. «Je m’en veux, je m’excuse. À eux trois, à tout le monde, à toute ma famille. C’est très dur. Pour eux et pour moi. Mais je reconnais les faits.» En détention provisoire depuis juin 2023, il encourait vingt ans de réclusion criminelle.

Âgé de 70 ans, conseiller municipal de Brest entre 2014 et 2023, Charles Kermarec comparaissait devant la cour criminelle du Finistère pour des faits remontant à plus de vingt ans pour les plus anciens.

En 2005, Charles Kermarec s’était rapproché de son neveu, alors âgé de 14 ans. Agent chez France Télécom, son oncle l’amenait aux matchs de foot ou au bar, où il lui faisait boire beaucoup d’alcool. Le jeune garçon dormait ensuite dans une chambre où son oncle le rejoignait la nuit, le masturbait, lui faisait des fellations, voire le violait avec des objets, selon le récit du neveu aux enquêteurs. Les faits se seraient répétés pendant cinq ans, à Brest ou durant des voyages en Corse, à Saint-Tropez ou au Maroc.

Son oncle lui avait offert des vêtements, son abonnement de téléphone portable ou son permis de conduire, selon le jeune homme, qui a décrit une forme d’«emprise» ou de «chantage affectif» durant l’enquête.

«Intouchable»

A l’ouverture du procès, dans la salle d’audience, il était effondré en larmes sur les bancs des parties civiles entre ses deux cousins. Tous deux, l’un mineur et l’autre tout juste majeur, ont également raconté avoir été victimes d’agressions sexuelles en 2012 et 2015 alors qu’ils dormaient au domicile de leur oncle.

Le premier neveu avait raconté les faits à sa famille, en 2018, mais sans oser porter plainte, jugeant son oncle «intouchable». Une de ses anciennes petites amies a fait état de menaces de Charles Kermarec, qui disait, selon elle, avoir «de grands pouvoirs sur la ville de Brest».

C’est pourtant un signalement au parquet, effectué en mai 2023 par le maire PS de Brest François Cuillandre, qui provoquera la chute de l’élu. Des témoins avaient rapporté au socialiste une altercation survenue dans un bar entre Charles Kermarec et ses neveux, durant laquelle ces derniers avaient accusé leur oncle d’agressions sexuelles.

Mise à jour le vendredi 16 janvier à 18 h 40, avec la condamnation.

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