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Intimidation

L’assassinat d’avertissement, «piste privilégiée» dans l’enquête sur le meurtre du frère d’Amine Kessaci à Marseille

Le procureur de Marseille, invité ce lundi de la matinale de France Inter, considère que Mehdi Kessaci a été tué «pour faire taire vraisemblablement son frère» Amine. Celui-ci, sous protection policière, combat publiquement les ravages du narcotrafic dans les cités.

Mehdi Kessaci, 20 ans, «était totalement inconnu des services de police», a affirmé le procureur de Marseille ce lundi. (Maxime Conchon/AFP)
Publié le 17/11/2025 à 12h18

L’assassinat d’un deuxième frère du militant écologiste de 22 ans engagé dans la lutte contre le narcobanditisme Amine Kessaci est «sans doute un point de bascule effrayant», avait déjà estimé vendredi le ministre de la Justice Gérald Darmanin sur X. Ce lundi, le procureur de Marseille Nicolas Bessone a confirmé sur France Inter que l’hypothèse d’un assassinat d’avertissement était «la piste privilégiée» à ce stade par les enquêteurs. «Nous devons envisager toutes les hypothèses», a-t-il néanmoins rappelé au micro de Benjamin Duhamel.

Jeudi 13 novembre, aux alentours de 14 heures 30, «un jeune homme de 20 ans, inconnu des services de police et de justice, a été tué en pleine rue de plusieurs tirs d’arme de poing», avait annoncé jeudi le parquet de Marseille. Il s’agissait de Mehdi, le petit frère âgé de 20 ans d’Amine Kessaci qui voulait devenir policier. Il a été abattu près d’une salle de concert par deux personnes à moto. Ces dernières, qui ont laissé «plusieurs étuis de 9 mm sur place», sont aujourd’hui activement recherchées : le parquet de Marseille a ouvert une enquête pour assassinat en bande organisée et d’association de malfaiteurs en vue de commettre un crime.

Il y a cinq ans, la famille de six enfants avait déjà été endeuillée par l’assassinat d’un autre membre de la fratrie : Brahim. Son corps avait été retrouvé carbonisé dans un véhicule. «On constate que Mehdi Kessaci était totalement inconnu des services de police, il n’était jamais rentré dans un commissariat», a rappelé le procureur de Marseille […] «Son frère [Amine], en revanche, faisait l’objet de menaces et de pressions très fortes, à tel point qu’il était placé sous protection policière. Il a un discours très clair sur les ravages causés par le narcotrafic, il peut déranger ceux qui ont besoin d’un minimum de consensus social dans les cités, donc c’est l’hypothèse qui est privilégiée», estime le procureur de Marseille.

Dans la cité phocéenne, des personnes totalement étrangères au trafic de drogue ont déjà trouvé la mort, comme Socayna en 2023, victime d’une balle perdue. Mais avec l’assassinat de Mehdi Kessaci, «on a une action délibérée, pour tuer quelqu’un qui n’a rien à voir avec le trafic pour faire taire vraisemblablement son frère», souligne le procureur de Marseille. Si l’hypothèse de l’assassinat d’avertissement se confirme, «on aurait un véritable point de bascule», dit-il.

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