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Cold case

Le corps d’une femme tuée en 1991 va être exhumé pour chercher un éventuel ADN de Dominique Pelicot

La cour d’appel de Versailles a autorisé l’exhumation du corps de la jeune agente immobilière Sophie Narme, sur demande de l’avocate de «l’ogre de Mazan», qui entend prouver que ce dernier n’est pas coupable du meurtre.

Béatrice Zavarro lors du procès de Dominique Pelicot, au tribunal d'Avignon, le 19 décembre 2024. (Clément Mahoudeau/AFP)
Publié le 14/11/2025 à 17h27

La demande émanait de Béatrice Zavarro, l’avocate de Dominique Pelicot. La cour d’appel de Versailles a autorisé que le corps de Sophie Narme, agente immobilière de 23 ans violée et tuée en 1991 à Paris, soit prochainement exhumé afin d’écarter ou de confirmer une éventuelle responsabilité de Dominique Pelicot, a appris l’AFP ce vendredi 14 novembre.

Elle a ainsi donné raison à l’avocate de celui qui est surnommé «l’ogre de Mazan» pour avoir orchestré pendant une décennie des viols par des inconnus sur son ex-épouse Gisèle Pelicot à Mazan (Vaucluse), dont la demande initiale avait été rejetée en avril.

«C’est une petite victoire judiciaire car il nie toute implication, a déclaré Béatrice Zavarro. Le but est de retrouver quelque chose [sur ce corps] qui puisse identifier l’auteur des faits, comme voir si une trace puisse appartenir à Dominique Pelicot ou pas.» Selon l’avocate, son client de 72 ans «confirme que c’est un des moyens pour arriver à exclure son implication, sa responsabilité». «La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Versailles a effectivement rendu un arrêt le 7 novembre dans la procédure concernant le viol et le meurtre de Sophie Narme. […] Cette décision a pour effet d’ouvrir la voie à l’exhumation», a indiqué de son côté le parquet général à l’AFP.

Il s’agit de l’un des deux cold cases pour lesquels Dominique Pelicot, définitivement condamné fin 2024 par la cour départementale du Vaucluse à vingt ans de prison pour l’affaire des «viols de Mazan», est également soupçonné et mis en examen.

Forte odeur d’éther

En décembre 1991, Sophie Narme avait été violée puis tuée en faisant visiter un appartement du XIXe arrondissement de Paris. Son corps, roué de coups et à demi dévêtu, avait été ensuite découvert par le directeur de son agence. L’auteur n’a jamais pu être identifié mais des doutes ont été récemment émis après que Dominique Pelicot a partiellement reconnu son implication dans la tentative de viol en Seine-et-Marne en 1999 d’une autre agente immobilière, après avoir été confondu par son ADN.

Les deux femmes avaient été déshabillées de la même manière et une forte odeur d’éther avait été sentie sur la scène du crime pour Sophie Narme, substance utilisée pour agresser l’autre agente immobilière en 1999. Pour Béatrice Zavarro, Sophie Narme a pu être victime de François Vérove, dit «le Grêlé», un tueur et violeur en série recherché depuis les années 80 et mort depuis.

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