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Racisme

Le député LFI Carlos Martens Bilongo porte plainte après un «déchaînement de haine raciste»

L’élu du Val-d’Oise s’est tourné vers la justice après avoir reçu début janvier une série de neuf lettres anonymes d’une violence extrême, remplies de menaces de mort et d’injures racistes.

Carlos Martens Bilongo, le 21 octobre 2025 à Paris. (Daniel Perron/Hans Lucas.AFP)
Publié le 22/01/2026 à 20h05

Le député LFI Carlos Martens Bilongo a déposé plainte à Paris après avoir reçu une série de lettres anonymes racistes et violentes. Confronté à un «déchaînement de haine raciste», le parlementaire a déposé plainte contre X pour «menaces de mort» à caractère raciste, et «injures non publiques», ont annoncé ses avocats, Mes Vincent Brengarth et Chirinne Ardakani à l’AFP.

«Ce déchaînement de haine raciste à l’encontre du député est loin d’être isolé et s’inscrit dans un procédé désormais systémique impliquant, pour une large part, des influenceurs, certains médias et personnalités politiques se revendiquant de mouvances identitaires», expliquent-ils dans un communiqué.

Les avocats dénoncent un «harcèlement généralisé»

En cause, une série de neuf lettres anonymes d’une violence extrême (dont l’une signée «Maréchal Pétain» et l’autre «GUD», un syndicat étudiant d’extrême droite dissous) reçues début janvier par le député du Val-d’Oise. «Retourne dans ton pays avant de recevoir une balle dans la tête, il faut te tuer sale nègre de merde», «député babouin», «je vais m’occuper de toi et ta famille», «résidu de fausse couche», peut-on lire entre autres horreurs, sur ces courriers, dactylographiés ou écrits de plusieurs mains différentes.

«Depuis son élection, M. Carlos Bilongo est régulièrement la cible de propos injurieux et haineux à caractère indiscutablement raciste en raison de ses origines congolaises et angolaises et de la couleur noire de sa peau», soulignent les avocats dans leur plainte, dénonçant un «harcèlement généralisé».

Carlos Martens Bilongo avait déjà dénoncé des attaques racistes, notamment après un incident dans l’hémicycle, en 2022, lorsque Grégoire de Fournas, alors député Rassemblement national, avait lancé «qu’il retourne en Afrique».

L’élu décidé à rendre les courriers publics

En janvier, son dépôt de plainte contre notamment la chaîne CNews, accusée d’avoir tronqué et falsifié certains de ses propos «à des fins d’instrumentalisation grossière», s’est accompagné d’une nouvelle «vague de haine raciste» en ligne, ont noté ses avocats, puis la réception des lettres anonymes.

«La classe politique, tous partis confondus, doit condamner ces propos racistes et négrophobes», a déclaré à l’AFP Carlos Martens Bilongo, qui compte rendre publics ces courriers sur ses réseaux pour que «tout le monde puisse les voir». «Je ne peux pas rester silencieux», ajoute-t-il, dénonçant la responsabilité de la chaîne CNews, du JDD et de Radio Courtoisie dans les vagues de haine à son encontre.

D’autres élus, la ministre Naïma Moutchou, la vice-présidente de l’Assemblée Nadège Abomangoli ou le député Aly Diouara, ont engagé ces derniers mois des procédures judiciaires après avoir été victimes d’injures ou de harcèlement racistes.

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