Le «haut du spectre de la criminalité organisée» est le responsable le plus probable de l’assassinat en plein jour de Mehdi Kessaci, survenu le jeudi 13 novembre à Marseille, a estimé mercredi 19 novembre au soir sur France Info la procureure de Paris, Laure Beccuau, en charge de l’enquête.
En «cherchant le contexte de cet assassinat terrible et scandaleux» qui a tétanisé Marseille, «on se dit que la victime n’a pas été ciblée parce que c’était quelqu’un qui participait à du trafic de stupéfiants et qui était donc un rival ; ça n’a pas été non plus une victime collatérale, c’est-à-dire que personne d’autre ne semble avoir été visé à ses côtés, et que [Mehdi Kessaci] semble avoir été ciblé», a énuméré la procureure de Paris.
Ce qui conduit les enquêteurs à examiner une troisième hypothèse, celle «de son environnement […] et bien évidemment son frère [Amine Kessaci], qui est connu à Marseille pour être un opposant […] au déploiement du trafic de stupéfiants» dans la deuxième ville de France, a-t-elle ajouté. «Mon petit frère Mehdi a été tué parce que c’était mon frère», a affirmé le militant sur le plateau de C ce soir mercredi 19 novembre.
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Dès lors, «on a estimé que ceux qui étaient capables de ce type d’agissements scandaleux faisaient partie du haut du spectre de la criminalité organisée», a tranché la procureure, ce qui explique selon elle la saisine de la Juridiction nationale de lutte contre le crime organisé (Junalco), sise au Tribunal de Paris.
Appel à témoignages
Alors que plusieurs médias ont avancé mercredi soir une hypothèse du commanditaire de ce crime, Laure Beccuau a «désapprouvé» ces fuites, «véridiques ou pas». La magistrate a affirmé que les enquêteurs avaient «un certain nombre de fils» à «tirer».
«Nous allons reprendre tout le parcours, grâce notamment au système de vidéoprotection de la ville de Marseille, tant au niveau public qu’au niveau des agences bancaires, par exemple, afin de retracer un périple et de découvrir les éléments de preuve», a promis Laure Beccuau.
La procureure s’est inquiétée de l’objectif des narcotrafiquants, «installer une contre-société qui ferait que personne ne parle et que leur violence devienne la loi», et a appelé en retour les citoyens à livrer des «témoignages», même «de façon anonyme».
Elle a vu «un signal d’espoir» dans la mobilisation d’Amine Kessaci, déjà endeuillé après l’assassinat de son grand frère Brahim en 2020, mais aussi «de la société civile bien plus largement». Une marche blanche en mémoire du jeune homme assassiné à vingt ans aura lieu à Marseille samedi 22 novembre.




