Alors qu’il intervenait devant 200 personnes lors d’un meeting politique, jeudi 5 février à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), Amine Kessaci a été exfiltré en urgence. Le journal le Parisien révèle ce vendredi 6 février que l’évacuation, confirmée par la Provence, a été déclenchée en raison d’un renseignement de la gendarmerie nationale faisant mention d’un risque pour sa sécurité. Une enquête judiciaire a été ouverte pour «association de malfaiteurs en vue de la commission d’un crime» et les investigations ont été confiées à la brigade de répression du banditisme (BRB) de la police judiciaire de Marseille, selon les informations du Parisien.
L’intervention du militant écologiste et anti-narcotrafic, venu apporter son soutien au député socialiste Marc Pena, candidat à la mairie d’Aix, n’aura duré que dix minutes, rapporte ICI Provence. Elle devait être une «surprise», connue à l’avance d’un petit cercle d’initiés au regard des fortes mesures de sécurité l’entourant. Coupé en pleine réponse par les forces de l’ordre en charge de sa protection, le jeune marseillais a soudainement dû quitter la salle.
«On y va», a-t-on entendu dans l’assistance, selon le compte rendu fait par le journal la Provence, avant qu’Amine Kessaci n’adresse ses excuses à son audience pour ce départ précipité. Cette évacuation intervient alors que le militant a annoncé récemment sa candidature sur la liste du maire sortant pour les élections municipales à Marseille. Benoît Payan a par ailleurs réagi à l’article du Parisien par une publication sur le réseau social X : «Amine Kessaci a tout mon soutien. On ne fera jamais taire celles et ceux qui s’engagent pour la sécurité, la justice et la dignité à Marseille. La République ne cède pas à la peur.» Très vite après l’exfiltration, les équipes d’Amine Kessaci ont évoqué «une alerte», sans donner davantage de précisions.
Devenu malgré lui une figure de la lutte contre le narcotrafic, Amine Kessaci vit sous protection rapprochée depuis l’assassinat de son frère cadet Mehdi, le 13 novembre dernier, en pleine rue à Marseille. Le jeune homme s’apprêtait à passer le concours pour devenir gardien de la paix. En décembre 2020, une première tragédie avait déjà frappé sa famille : son autre frère Brahim, 22 ans à l’époque, était retrouvé mort, calciné dans le coffre d’une voiture, victime d’un règlement de compte sur fond de trafic de stups.




