Le policier qui avait giflé et craché sur un jeune en août, des faits qui avaient été filmés, a été condamné jeudi à six mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Bobigny. Une interdiction d’exercer sur la voie publique pendant deux ans, avec exécution provisoire, a également été prononcée. La procureure avait requis 4 mois de prison avec sursis et une interdiction d’exercer au sein de la police pendant un an.
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«Cela reste conséquent» mais «il va pouvoir garder son emploi», puisqu’il a depuis changé d’affectation et travaille principalement dans un bureau, a réagi l’avocate du policier de 33 ans, Oriane Camus, qui avait plaidé dans ce sens. «Au moins, il y a une sanction, c’est le plus important», s’est de son côté félicité la victime, Alan B., âgé de 20 ans au moment des faits et qui est venu témoigner.
«Excuses»
«Je ne cherche pas à me justifier. Ce que j’ai fait était odieux, inadmissible. Je présente mes excuses à [la victime]», a déclaré au début de l’audience Alexandre M. Pour expliquer son geste, il a déclaré avoir aperçu un objet noir dans les mains d’Alan B. et pensait que cela aurait pu être une arme. Il a également affirmé que celui-ci lui avait craché dessus quelques semaines auparavant, un fait qui n’a cependant été consigné dans aucun rapport.
Les faits se sont produits le 28 août 2025 à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis. Sur la vidéo qui avait été filmée par une voisine et était devenue virale en septembre, la victime se tient immobile contre une grille, et semble calme. Le policier le gifle violemment puis lui crache dessus. Il donne ensuite un coup de pied dans un objet tombé au sol au moment de la gifle.
«Symbolique»
Sur la vidéo, deux autres policiers à proximité immédiate n’interviennent pas : l’un d’eux comparaissait également jeudi. Il a été condamné à deux mois de prison avec sursis par le tribunal qui a estimé qu’il ne pouvait «pas ignorer» la gifle, contrairement à ce qu’il a affirmé durant l’audience, et aurait donc pu intervenir et éviter le crachat. La procureure avait requis la relaxe.
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L’avocat de la victime, Pierre Brunisso, s’est déclaré «content sur la symbolique de cette peine», tout en estimant que «cela aurait pu aller plus haut» pour l’auteur de la gifle et du crachat.




