De superstar du rap à criminel multicondamné. Le rappeur franco marocain Maes, disque de diamant avec son album les Derniers Salopards en 2020, a été condamné le 25 novembre à sept ans de prison ferme par la chambre criminelle de première instance de Tanger, pour avoir orchestré une opération punitive liée à un conflit financier, selon le site d’information marocain le 360.
De son vrai nom Walid Georgey, le rappeur était en détention préventive depuis son arrestation à l’aéroport Mohammed V au mois de janvier. D’après l’hebdomadaire marocain TelQuel, il aurait quitté les Emirats arabes unis où il résidait pour se rendre au Maroc, alors qu’une visite du ministre français de l’Intérieur de l’époque dans le pays du Golfe était prévue. Il aurait agi par crainte d’une extradition vers la France, où un mandat d’arrêt international avait été émis contre lui.
Selon les investigations décrites par le site d’information marocain le 360, Maes serait entré en contact avec un groupe criminel à Fès afin de séquestrer et torturer un homme avec lequel il était en litige au sujet de revenus tirés de concert. Une réunion de préparation devait se tenir à Tanger. Les services de police ont déjoué l’opération au moment où les agresseurs présumés s’apprêtaient à intercepter leur cible.
Le rappeur a écopé de sept ans de prison ferme pour «constitution d’une bande criminelle», «tentative d’enlèvement et de séquestration» et «incitations à commettre des crimes et délits», malgré ses dénégations. Ses complices purgeront des peines allant d’une à dix années de détention, d’après le site d’information Médias 24. Trois d’entre eux, Mourad L., Abdelghani Ch. et Tarik L. sont également condamnés à une amende de 23,6 millions de dirhams, soit près de 2,2 millions d’euros, au titre de dommages financiers.
Déjà condamné en France
Cette décision est indépendante des procédures judiciaires dont Maes fait l’objet en France. En 2023, un mandat d’arrêt est émis par la justice française alors que le rappeur ne se présente pas au tribunal, où il devait comparaître pour «violences en réunion». Il est condamné en juin 2024 à dix mois de prison et 10 000 euros d’amende par le tribunal correctionnel de Paris, pour des coups de poing assénés en 2018 lors d’une session d’enregistrement.
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Il est également accusé d’avoir séquestré et violenté le blogueur Aquababe en 2019, après que ce dernier a fait courir une rumeur sur son homosexualité. Les vidéos de l’agression fuitent sur les réseaux sociaux en 2022 : on y voit l’influenceur de vingt ans nu et terrorisé par la perspective d’être passé à tabac, au son de «C’est qui le pédé ? Dis que c’est toi le sale pédé».
Après le classement sans suite de sa plainte pour «violences aggravées» en janvier, le blogueur a annoncé qu’il souhaitait porter plainte pour «séquestration aggravée», «violences en réunion» et «actes de tortures et de barbarie», avec constitution de partie civile cette fois.




