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L’économiste et prêtre jésuite Gaël Giraud visé par des soupçons de violences sexuelles, la justice saisie

Plusieurs personnes au sein de son entourage professionnel et spirituel témoignent dans l’hebdomadaire «La Vie» de violences sexuelles, de dérives psychologiques et de pressions. Lui conteste les accusations.

Gaël Giraud à Paris, le 14 janvier 2021. (Pablo Porlan/Hans Lucas. AFP)
Publié le 18/12/2025 à 8h10

L’économiste et prêtre jésuite proche de la gauche Gaël Giraud est visé par un signalement à la justice ainsi que par une enquête interne de l’Église catholique pour des soupçons de violences sexuelles, a annoncé mercredi 17 décembre au soir son ordre religieux, à la suite de témoignages parus dans l’hebdomadaire La Vie. Le parquet de Paris confirme avoir reçu un signalement de la Compagnie de Jésus, la congrégation des jésuites, le 25 novembre dernier.

Une enquête préliminaire canonique – c’est-à-dire relevant du droit de l’Eglise catholique – a en parallèle été ouverte, annonce la province d’Europe occidentale francophone de la compagnie, dont dépend Gaël Giraud, entré chez les jésuites en 2004 et ordonné prêtre en 2013. «Dès que nous avons été informés de faits décrits comme une agression sexuelle, nous avons accueilli ces paroles avec toute l’attention, l’écoute et l’empathie qu’exige une telle situation», assure la province jésuite dans un communiqué.

Des rapports sexuels pouvant «s’apparenter à un viol»

L’enquête de l’hebdomadaire catholique La Vie s’appuie sur les récits de plusieurs anciens collaborateurs du quinquagénaire engagé sur les questions écologiques et un temps envisagé comme candidat à la «primaire populaire» de la gauche en 2021. Sandra (prénom modifié), qui appartient à l’ordre des «vierges consacrées», relate notamment une relation sous emprise spirituelle et psychologique ayant dérivé vers des rapports sexuels pouvant «s’apparenter à un viol». Une autre femme, Chloé (prénom modifié), accuse le prêtre de l’avoir «installée dans une vision de la sexualité qui était celle de la contrainte».

David (prénom modifié), un ancien doctorant, décrit, lui, un «fonctionnement sectaire» incluant des pressions quotidiennes lors de son passage dans le laboratoire dirigé alors par Gaël Giraud à l’université jésuite de Georgetown, à Washington. Ce dernier lui reproche également d’avoir plagié ses travaux de recherche dans un article scientifique publié en avril 2022.

Interrogé par l’hebdomaire, Gaël Giraud conteste «formellement et en bloc» l’ensemble des accusations portées contre lui, qu’il qualifie d’«allégations» et d’«insinuations». Il met en cause une «coordination» au sein du «groupe de presse» dont fait partie La Vie et Le Monde visant, selon lui, à le «diffamer». Il a par ailleurs affirmé avoir déposé son propre signalement canonique pour harcèlement moral contre le responsable régional de la Compagnie de Jésus.

Pour sa part, la congrégation rappelle avoir déjà imposé au prêtre des mesures conservatoires depuis janvier 2024, incluant une interdiction de publication et un suivi psychologique, après lui avoir refusé l’accès à ses vœux définitifs en raison de «comportements inappropriés».

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