Dimanche 11 mai. Il n’est pas encore 7 heures du matin et le jour se lève tout juste sur la baie de Fort-de-France. Thierry Lassource rentre d’une soirée en voiture quand il aperçoit son fils aîné, Jonathan, 33 ans, en train de discuter avec des amis devant le McDonald’s, en plein centre-ville. Le quinquagénaire klaxonne, son fils lui sourit. Puis il continue sa route jusqu’à sa petite maison, dans un quartier populaire situé deux kilomètres plus loin. Alors qu’il se prépare à se mettre au lit, une connaissance toque à sa fenêtre. «On me dit : “Thierry, Thierry, Jonathan a eu un problème, il s’est passé quelque chose avec des armes à feu”», retrace-t-il lentement quelques mois plus tard quand Libération le rencontre.
Thierry Lassource repart alors dans le sens inverse. Quand il arrive devant le fast-food, il n’y a plus que des passants sous le choc et trois draps blancs posés au sol. Jonathan se trouve sous l’un d’eux. Selon les médias locaux, après une altercation, des individus encagoulés auraient tiré avec des fusils-mitrailleurs à bout portant sur trois hommes, avant de prendre la fuite sur un deux-roues. Sur les lieux, une soixantaine de douilles sont retrouvées.




