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Reportage

Dix ans après les attentats du 13 Novembre, Molenbeek peine à tourner la page : «Les clichés continuent, on se sent encore exclu» 

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Propulsée au centre de l’attention en 2015, la commune bruxelloise tente d’avancer, entre autres en misant sur sa jeunesse. Mais sur place, les stigmates continuent de ronger les habitants.

Sur la place communale de Molenbeek, à Bruxelles, lundi 10 novembre. (Colin Delfosse/Libération)
ParClara Grégoire
Correspondante à Bruxelles
Publié le 11/11/2025 à 18h23

Ali El Abbouti connaît ces rues par cœur. Agrippé à sa trottinette électrique, l’éducateur déambule à travers les bâtiments en briques rouges, les voies pavées et les dizaines de commerces qui bordent les trottoirs. Depuis dix-sept ans, le trentenaire travaille ici, dans le centre historique de Molenbeek-Saint-Jean, l’une des 19 communes de Bruxelles. Bonnet noir vissé sur la tête, il s’arrête brièvement pour montrer du doigt cette association dans laquelle il a commencé sa carrière, puis cette place «toujours remplie de pigeons» et qui grouille de monde en été.

A l’angle d’une rue, deux hommes le saluent. «C’est la première génération de jeunes avec qui j’ai travaillé», sourit Ali, avant de se diriger vers la place communale, «lieu central» du quartier. Cette place, beaucoup l’ont vue à la télé, dix ans plus tôt. Avec les attentats du 13 Novembre, le monde découvre Molenbeek, où la plupart des assaillants ont grandi ou ont transité. En quelques heures, la commune de 100 000 habitants est brutalement propulsée au centre de l’attention. Les vans de télévision affluent et s’installent «pendant des semaines» sur la place communale, où habitait la famille Abdeslam.

A Molenbee

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