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L’ex-chef de file des écologistes à Marseille pour les municipales condamné pour avoir usurpé l’identité d’Amine Kessaci

Hassen Hammou a écopé ce jeudi 8 janvier de deux mois de prison avec sursis et trois années d’inéligibilité. Il avait déjà été condamné pour corruption de mineurs en décembre dernier, décision dont il a fait appel.

Hassen Hammou, ex-chef de file des écologistes pour les municipales à Marseille, au tribunal le 8 janvier 2026. (Nicolas Vallauri/PHOTOPQR. La Provence. MAXPPP)
Publié le 08/01/2026 à 12h22, mis à jour le 08/01/2026 à 18h11

Moins d’un mois après une condamnation pour corruption de mineurs dont il a fait appel, l’ancien chef de file des Ecologistes à Marseille, Hassen Hammou, a de nouveau été condamné par la justice ce jeudi 8 janvier. Il a écopé de deux mois de prison avec sursis et trois années d’inéligibilité, pour avoir usurpé sur Snapchat l’identité du militant antidrogue Amine Kessaci en novembre, lequel venait de perdre son frère Mehdi, assassiné à Marseille.

Une source proche du dossier a expliqué à l’AFP que Hassen Hammou avait utilisé le compte Snapchat d’une connaissance, changeant l’identité de ce compte pour le présenter comme étant celui d’Amine Kessaci, avec une photo de ce dernier. En se faisant ainsi passer pour le fondateur de l’association Conscience, l’homme de 37 ans a échangé avec son propre directeur de campagne - manière de s’assurer qu’il lui était encore fidèle.

Placé en garde à vue mercredi, Hassen Hammou a comparu dans le cadre d’une procédure de reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) - sorte de plaider-coupable - «pour des faits d’usurpation d’identité numérique au préjudice d’Amine Kessaci», qui avait porté plainte en novembre, selon le parquet. Il a également été condamné à 750 euros d’amende, et doit verser un euro à Amine Kessaci au titre du préjudice moral.

Amine Kessaci et Hassen Hammou partagent une trajectoire quelque peu similaire au sein du même camp politique. Tous deux issus des quartiers Nord de Marseille, ils se sont lancés jeunes dans le militantisme, notamment en créant chacun sa propre association pour les victimes des trafics de drogue.

«Les Écologistes font part de leur profond dégoût à l’idée qu’une instrumentalisation puisse être faite des drames ayant touché la famille Kessaci», a déploré le parti sur X, réagissant à l’affaire dévoilée par le quotidien La Provence. Contacté par l’AFP, Amine Kessaci, lui même engagé avec Les Écologistes, n’a pas souhaité réagir.

Condamné à 15 mois de prison avec sursis en décembre

Ancien membre du bureau national des écologistes, Hassen Hammou avait été désigné en octobre comme chef de file à Marseille du mouvement pour les élections municipales qui auront lieu au mois de mars. Mais il s’était retiré quelques jours plus tard à l’annonce de son procès pour corruption de mineurs.

Il était accusé d’avoir donné un rendez-vous de nature sexuelle à un adolescent de 16 ans sur un parking à Aubagne en 2023. A la sortie de l’audience en huis clos, les parties civiles avaient déclaré que l’adolescent avait été contacté par Hassen Hammou via le site Coco.gg (anciennement Coco.fr), «gravement mis en cause» dans plusieurs affaires de pédocriminalité et fermé en 2024.

Il a été condamné le 16 décembre à quinze mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Marseille, ainsi qu’à une interdiction d’exercer toute profession en contact avec des mineurs pendant trois ans. Il sera également inscrit pendant vingt ans au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (Fijais). Son avocat, Me Alban Richeboeuf, a annoncé faire appel.

Mise à jour à 18 h 11, avec l’ajout de la condamnation de Hassen Hammou.

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