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L’ex-patron de la DGSE Bernard Bajolet condamné à un an de prison avec sursis pour complicité de tentative d’extorsion

Le dossier dans lequel l’ancien directeur des renseignements extérieurs français a été reconnu coupable concerne un homme d’affaires qui, selon les services secrets, les aurait arnaqués. Des espions auraient tenté de faire pression sur lui en en mars 2016.

Bernard Bajolet dans le train Paris Moscou, le 18 octobre 2018. (Ludovic Careme/Libération)
Publié le 08/01/2026 à 14h07

Il aura fallu près d’une décennie de procédure. Bernard Bajolet, directeur de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) de 2013 à 2017, a été condamné ce jeudi 8 janvier à un an de prison avec sursis. Aujourd’hui âgé de 76 ans, il a été reconnu coupable par le tribunal correctionnel de Bobigny de complicité de tentative d’extorsion et d’atteinte arbitraire à la liberté individuelle par personne dépositaire de l’autorité publique. Le parquet n’avait requis que six à huit mois d’emprisonnement avec sursis.

Les faits qui lui sont reprochés remontent au 12 mars 2016. Ce jour-là, l’homme d’affaires franco-suisse Alain Dumenil, impliqué dans pléthore d’affaires judiciaires et de litiges commerciaux, est arrêté par la police aux frontières à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle, en région parisienne. Les policiers l’emmènent sous prétexte de devoir vérifier son passeport et le conduisent dans une salle.

Deux hommes en civil, appartenant aux services secrets français mais jamais identifiés, entrent dans la pièce et l’informent qu’il doit rembourser 15 millions d’euros à la France.

Les renseignements extérieurs estiment qu’il les a escroqués au début des années 2000, lorsqu’ils l’ont appelé à la rescousse pour sortir la DGSE d’investissements infructueux. Ceux-ci avaient été réalisés avec un fonds secret confié par l’Etat, il y a des décennies, dans une volonté d’indépendance de l’institution en cas d’occupation étrangère ou de disparition du gouvernement.

Photographies de ses proches

Les agents menacent l’homme d’affaires. Ils lui montrent, notamment, un album de photographies de ses proches. L’intéressé s’emporte et annonce porter plainte. Les agents s’éclipsent.

Au cours du procès, qui s’est tenu en novembre et a parfois semblé devenir celui des services secrets, Bernard Bajolet a toujours reconnu avoir validé le principe d’une rencontre mais sans avoir jamais imaginé, a-t-il assuré, que cela se ferait avec «une forme quelconque de contrainte». «Les choses ne se sont pas passées comme elles auraient dû», avait reconnu l’ex-patron des renseignements français. Lui et ses avocats n’ont pas souhaité faire de commentaire ce jeudi après la décision du tribunal.

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