Nicolas Sarkozy rentre chez lui. Incarcéré depuis le 21 octobre après sa condamnation dans l’affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, l’ancien président de la République est sorti de prison ce lundi 10 novembre dans l’après-midi, à la suite de la décision de la cour d’appel de Paris d’accéder à sa demande de mise en liberté. Dans l’attente de son procès en appel prévu en mars, Nicolas Sarkozy restera cependant sous contrôle judiciaire strict, avec l’interdiction de quitter le territoire français et d’entrer en contact avec des témoins, des co-prévenus, et même le ministre de la Justice, Gérald Darmanin.
«Dans la douleur»
A l’annonce de la libération de l’ancienne figure du RPR et de l’UMP, de nombreuses personnalités politiques de droite ont immédiatement réagi – sans surprise, de manière positive. A commencer par le fils de l’ancien chef de l’Etat et candidat à la mairie de Meudon, Louis Sarkozy, qui a sobrement écrit sur X, «Vive la liberté», accompagné d’une photo de lui, enfant, et de son père. «Une décision juste et digne, à la hauteur de l’homme qui a tant donné à notre pays», a salué de son côté Laurent Wauquiez, président des Républicains à l’Assemblée nationale.
«Après 3 semaines d’une terrible épreuve, mon ami, Nicolas Sarkozy va être libéré et c’est un immense soulagement !», s’est réjoui sur X le maire de Nice, Christian Estrosi (Horizons). «Comme tous ses amis et de très nombreux Français nous avons vécu ces 3 semaines dans la douleur et en pensant à lui à chaque instant», dramatise-t-il.
Le billet de Jonathan Bouchet-Petersen
L’extrême droite a elle aussi apporté son soutien à l’ancien dirigeant. Le vice-président du Rassemblement national, Laurent Jacobelli, a jugé que la libération de Nicolas Sarkozy était «une bonne nouvelle pour notre démocratie». Peut-être avec une arrière-pensée pour la patronne Marine Le Pen, elle aussi aux prises avec l’institution judiciaire.
A gauche, les commentaires sont beaucoup plus rares. Les dirigeants du PS, des Ecologistes, du PC et de LFI n’ont pas encore réagi. Peut-être le temps de digérer la nouvelle. Seul François Ruffin, à la tête de son propre parti Debout !, a réagi sur X : «Que Nicolas Sarkozy profite de son répit pour apprendre à cuisiner, même avec une Rolex au poignet. Parce qu’en prison, il doit y retourner.»
«Heureusement pour le Sarkozy de 2025 que le Sarkozy de [2012] n’ait pas gagné les élections… Il ne serait pas sorti de prison avec ce qu’il proposait», préfère ironiser de son côté l’eurodéputée insoumise Manon Aubry, faisant référence à la promesse de campagne de l’ancien dirigeant, qui voulait durcir la loi afin que les détenus ne puissent obtenir de liberté conditionnelle qu’après avoir effectué «au moins les deux tiers de leur peine». Chloé Ridel, eurodéputée socialiste, imite sa collègue, relevant cette même promesse : «C’est sans doute moins évident quand la peine s’applique à soi-même.»
«Pas bon pour l’image de la France»
Dès ce lundi matin, plusieurs représentants de la droite avaient appelé de leurs vœux la sortie de prison de Nicolas Sarkozy. C’est le cas de Xavier Bertrand, président LR des Hauts-de-France, qui avait affirmé sur France 2 que si l’ex-Président «sort le plus rapidement possible, je pense que ça fera plaisir à beaucoup de monde». La porte-parole des Républicains, Agnès Evren, avait elle dit sur Radio J croire «profondément» à sa libération car «il est présumé innocent, et un ancien chef d’Etat qui se retrouve derrière les barreaux alors qu’il a fait appel, honnêtement, c’est un non-sens».
Pour aller plus loin
Nicolas Forissier, ministre du Commerce extérieur issu de LR, avait aussi jugé sur Sud Radio qu’il serait «bien» et «juste» que l’ancien Président soit libéré. «Il n’y a pas de raison qu’il reste dans cette prison aujourd’hui. Ce n’est pas bon pour l’image de la France, au-delà même de la personne de Nicolas Sarkozy», a ajouté le ministre. Quant à son ancienne rivale à la présidentielle de 2007, Ségolène Royal, elle avait dit qu’une potentielle remise en liberté de l’ex-chef d’Etat ne la «choquerait […] pas du tout».
Un choc, c’est ce qu’avaient en revanche ressenti la droite et l’extrême droite au moment de la condamnation de Nicolas Sarkozy pour association de malfaiteurs, le 25 septembre dernier. En particulier concernant l’exécution provisoire de sa peine de cinq ans d’emprisonnement, qui obligerait, quoi qu’il arrive, l’ancien chef de l’Etat à dormir quelques semaines derrière les barreaux. Ses soutiens s’en étaient ouvertement pris à la décision du tribunal correctionnel, et s’étaient affairés, pendant plusieurs jours de matraque médiatique, à remettre en question l’impartialité des juges.
Ce mandat de dépôt l’envoyant en prison, non susceptible de recours, était justifié, selon le tribunal, par la «gravité exceptionnelle» des faits.




