Il est suivi par plusieurs centaines de milliers de personnes sur les réseaux sociaux et se filme régulièrement avec des armes ou en train de tuer des animaux. Mais l’influenceur d’extrême droite Baptiste Marchais est désormais visé par une enquête préliminaire pour «vérifier» si des propos tenus dans une vidéo YouTube peuvent s’apparenter à des «actes d’intimidation envers un magistrat», a fait savoir le parquet de Paris ce mardi 18 novembre, confirmant une information de BFMTV.
Dans une vidéo révélée par Streetpress et diffusée le 11 novembre sur la chaîne Youtube d’un autre influenceur, «Le Guiz», Baptiste Marchais s’indigne de deux décisions de justice récentes et affirme : «Il faut que la peur change de camp», proposant d’agir au «cas par cas».
Chez Pol
Il invite les spectateurs à faire suivre toute «information» sur le nom des magistrats impliqués afin de le «rendre public pour que chacun puisse leur dire ce qu’il en pense». «C’est pas des menaces, y’a pas d’histoire», ajoute-t-il, avant d’ajouter qu’il estime «insupportable que ces gens ne fassent face à aucune représailles, aucune sanction».
Jusqu’à dix ans de prison
Le parquet de Paris a déclaré avoir ouvert une enquête après la diffusion de cette vidéo «afin de vérifier si les propos tenus pouvaient revêtir les qualifications pénales d’actes d’intimidation envers un magistrat pour qu’il s’abstienne d’acte de sa fonction, et discrédit jeté sur une décision de justice».
Ces deux délits font encourir respectivement dix ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende pour le premier, six mois d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende pour le second. «Les magistrats et leur équipe ont procédé aux vérifications en ligne afin de faire consigner les propos et pouvoir identifier leurs auteurs», a ajouté le ministère public.
S’agissant des personnes qui viendraient répondre à l’appel à livrer des informations lancées par les deux influenceurs, le parquet «rappelle par ailleurs que la divulgation d’information personnelle permettant d’identifier ou localiser une personne dépositaire de l’autorité publique et exposant à un risque direct d’atteinte à la personne ou aux biens est un délit faisant encourir cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros» d’amende.
Les influenceurs d’extrême droite ont gagné en audience ces dernières années sur les réseaux sociaux, entre discours masculiniste, anti-immigration, promotion de l’autoritarisme et rejet de la démocratie. Avant l’annonce de son départ de Youtube, début 2025, sur une autre plateforme, Baptiste Marchais comptait près de 275 000 abonnés sur sa chaîne ouverte en 2020, pour près de 200 vidéos et 45 millions de vues totales.




