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Drogues : Macron, l’idiot utile des gros trafiquants

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Mercredi à Marseille, le Président a repris sa rengaine répressive contre les stupéfiants, accusant les consommateurs d’alimenter le trafic, alors que le statu quo sur la prohibition fait prospérer les réseaux illicites.

Emmanuel Macron, avec Eric Dupond-Moretti et Gérald Darmanin, à Marseille mercredi. (Patrick Gherdoussi/Libération)
Publié le 02/09/2021 à 17h54

A six mois de la présidentielle, le président et quasi-candidat Macron a trouvé la solution pour régler la question du trafic de drogues : accuser les consommateurs d’en être les complices. L’ex-banquier nous ressort la règle d’or de la demande qui crée l’offre. «Il faut que tout le monde comprenne dans notre pays que les consommateurs de drogue sont des complices de fait» des trafiquants, a déclaré le chef de l’Etat, mercredi soir face à un parterre de policiers à Marseille, où les règlements de compte ont fait huit morts cet été. «L’idée que dans certains quartiers ce serait branché de prendre de la drogue pour que, dans d’autres, on ait des jeunes qui se fassent tuer parce qu’ils la vendent ou surveillent [le trafic], c’est terminé», a-t-il martelé, martial, dans une cité Bassens soigneusement nettoyée en prévision de sa venue.

L’argument paraît frappé au coin du bon sens : les petits bourges fument des joints, sniffent et gobent des drogues sur le dos des jeunes prolos, esclaves locaux d’un trafic international sans foi ni loi. Sauf que ça ne marche pas comme ça dans la réalité. Elle

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