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Danger

Marseille : de nouveaux impacts de balle sur les locaux d’Orange, le site fermé pour une durée indéterminée

Le site de l’opérateur de téléphonie avait fait l’objet d’une fermeture temporaire au mois de décembre, après que des rixes avaient éclaté dans le quartier Saint-Mauront, sur fond de narcotrafic.

Le quartier de Saint-Mauront à Marseille, le 28 novembre. (Patrcik Gherdoussi/Libération)
Publié le 05/01/2026 à 20h34, mis à jour le 07/01/2026 à 16h37

Bis repetita ? Des impacts de balles ont été découverts lundi 5 janvier sur les murs et certaines fenêtres des locaux d’Orange dans le quartier Saint-Mauront de Marseille, ceux-là même qui avaient été été évacués fin novembre alors qu’une guerre de terrain entre des trafiquants de drogue battait son plein dans la zone. La direction a annoncé la fermeture du site pour une durée indéterminée ce mercredi 7 janvier.

Selon la préfecture de police de Marseille, citée par BFMTV après la découverte des impacts, «la préfète de police déléguée s’est immédiatement entretenue avec le directeur régional d’Orange et s’est rendue sur place, où étaient déjà présents les effectifs de la DIPN [Direction interdépartementale de la police nationale, ndlr] pour effectuer les premières constatations et l’expertise balistique.» La même source précise que «tout laisse penser que ces faits se sont produits en dehors des heures ouvrables». Contacté par Libération, le parquet de Marseille confirme qu’un enquête est ouverte mais reste prudent, affirmant ne pas savoir «de quand datent les impacts».

«On fera quoi quand il y aura un mort ?»

Dans un courrier aux équipes consulté par Libération le 5 janvier, la direction du site a confirmé les impacts de balles et assuré travailler à «un dispositif renforcé pour assurer la sécurité de[s] salariés», afin que le site reste ouvert. Une décision contestée, un salarié dépité confiant son incompréhension à Libé : «Ils ne nous mettent même pas en télétravail forcé, le site reste ouvert, on peut éventuellement poser un télétravail occasionnel. C’est n’importe quoi.» L’incompréhension est partagée par les représentants du personnel. Auprès de France 3, le responsable de la CFE-CGC fulmine : «Les balles ont traversé les vitres des bureaux, vous imaginez s’il y avait quelqu’un derrière ? On fera quoi quand il y aura un mort ?»

La direction a finalement décidé la fermeture du site pour une durée indéterminée ce mercredi 7 janvier, après avoir reçu «des premiers éléments sur cet incident». «Le temps de l’enquête, les salariés doivent travailler sur un autre site ou se mettre en télétravail», précise un courrier envoyé aux employés, consulté par Libération.

Le campus d’Orange avait déjà été fermé le 28 novembre après des signalements d’affrontements sur fond de narcotrafic entre bandes rivales qui se disputeraient le contrôle d’un point de deal. Le site avait rouvert ses portes le 15 décembre, avec le retour progressif des salariés en présentiel et de nouvelles mesures de sécurité : patrouilles de police, système de badge, installation d’un vigile.

La fermeture du site était une première. Les jours précédant cette décision, les employés avaient été confinés à trois reprises et certains n’osaient plus y retourner. Une salariée avait témoigné avoir vu «des jeunes cagoulés avec des Kalachnikov». Au retour dans le site, au bout de deux semaines, la CFE-CGC Orange avait dénoncé «le retour forcé des collaborateurs à Saint-Mauront», tandis que le ministre du Travail avait défendu la décision d’Orange.

Mise à jour le 7 janvier à 16 h 37 avec l’annonce de la fermeture du site.
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