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A la barre

Menaces contre Sarkozy en prison : deux détenus de la Santé devant la justice

Les prisonniers comparaissent ce vendredi au tribunal de Paris pour avoir diffusé une vidéo dans laquelle l’un crie «on est au courant de tout, Sarko» et «on va venger Kadhafi !»

Paris, le 21 octobre 2025. Un rassemblement en soutien à l'ancien Président de la république française Nicolas Sarkozy s'est formé près de son domicile parisien du 16ème arrondissement, avant son incarcération à la prison de la Santé. (Cha Gonzalez/Libération)
Publié le 19/12/2025 à 11h05

Ils sont accusés d’avoir «menacé de mort de manière réitérée» l’ancien président - et ex-codétenu - Nicolas Sarkozy, lorsqu’il était incarcéré à la prison de la Santé. Deux détenus de la prison parisienne doivent comparaître vendredi 19 décembre au tribunal de Paris pour une séquence diffusée sur les réseaux sociaux, avec des déclarations visées, assurant que Nicolas Sarkozy allait «passer une mauvaise détention».

Cette vidéo «montre qu’un danger existe, bien sûr pour le détenu, le président Nicolas Sarkozy, et qu’il faut particulièrement faire attention à ses conditions de détention», s’inquiétait le ministre de la Justice Gérald Darmanin à l’arrivée de l’ex-président dans l’établissement. L’un des deux prévenus, Ilies B., est ainsi accusé d’avoir directement pris à partie l’ex-chef d’Etat. Selon son conseil Georges Parastatis, il aurait par ailleurs crié : «On est au courant de tout, Sarko», «Rends l’argent , «Takieddine, on est au courant et «On va venger Kadhafi !», en référence au motif de l’incarcération de Nicolas Sarkozy, l’affaire des financements libyens pour sa campagne présidentielle de 2007.

Les deux détenus transférés

Son codétenu Ange O. doit pour sa part être jugé pour avoir possédé illégalement en détention un téléphone portable dont il a refusé de donner le code aux enquêteurs. «Une fouille administrative a été effectuée par l’administration pénitentiaire, au cours de laquelle deux téléphones ont été saisis», précisait en octobre le parquet de Paris. Ilies B., 28 ans, et Ange O., 24 ans, avaient obtenu un délai pour préparer leur défense lors d’une première audience de comparution immédiate, le 24 octobre.

Le garde des Sceaux avait lui-même assuré que les détenus placés en garde à vue après la diffusion de la vidéo allaient «passer en comparution immédiate», précisant qu’ils seraient «pour certains en quartier disciplinaire et pour d’autres changés de prison». Les deux hommes ont ensuite quitté la Santé pour être transférés dans les établissements pénitentiaires d’Osny (Val-d’Oise) et Fleury-Mérogis (Essonne).

L’ex-président partie civile

Nicolas Sarkozy s’est constitué partie civile dans ce dossier : il s’agit de «menaces de mort qui ont eu un retentissement qui ne peut être laissé sans réponse pénale», avait expliqué à l’AFP son avocat Isaac Arnoud. Son incarcération de trois semaines avait été une première dans l’histoire de la République. Deux policiers assuraient sa protection en détention, une mesure exceptionnelle.

L’ancien chef de l’Etat, condamné fin septembre à cinq ans d’emprisonnement pour association de malfaiteurs dans le procès libyen, avait été remis en liberté le 10 novembre. Son procès en appel doit avoir lieu du 16 mars au 3 juin.

Dans la même affaire, le Parquet national financier a requis mardi 16 décembre le renvoi devant le tribunal correctionnel de l’ancien président, de son épouse Carla Bruno et de la communicante Mimi Marchand soupçonnés respectivement d’avoir avalisé, aidé à organiser ou mis en œuvre la volte-face de l’intermédiaire libanais Ziad Takieddine.

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