Cet article a été initialement publié le 29 juin 2023, à l’occasion d’une requête des avocats de Tommy Recco devant la CEDH. Nous le republions à l’occasion de sa mort.
Voilà près de cinquante ans que ça dure, qu’il nie comme un forcené. Tous ceux qui ont croisé sa route en sont restés médusés : comment trouve-t-il encore la force de regimber ainsi ? On le revoit sur ces photos des années 80 avec sa longue tignasse, son costard clair et son doigt accusateur tendu vers le ciel. Figé dans cette posture de statue du commandeur, il hurlait depuis le box des accusés : «Je suis innocent comme le Christ.» Sans ciller, les jurés l’avaient condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour six meurtres. Désormais, «l’innocent» est un vieux monsieur de 89 ans – avec des rhumatismes, une oreille sourde et des problèmes de prostate – qui purge toujours sa peine à la prison de Borgo (Corse) et arrache des soupirs à ses avocats : «Le dossier est accablant…» Il vit dans une solitude presque totale, tentant d’amadouer la liberté comme on le ferait d’une créature farouche. «Pour le moment, je suis en cassati




