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#MeTooStandUp : l’humoriste Djimo a été mis en examen pour viol

Le comédien était jusque-là entendu sous le statut de témoin assisté après une plainte déposée par la régisseuse d’un comedy club en 2023. Selon «Mediapart», qui révèle l’information, il conteste les faits.

Djimo, à Mandelieu, le 5 novembre 2023. (Eric Dervaux/Hans Lucas. AFP)
Publié le 23/01/2026 à 17h12, mis à jour le 23/01/2026 à 22h11

Une figure du stand-up dans le viseur de la justice. Selon les informations de Mediapart, confirmées par le Parisien et l’AFP, l’humoriste Djimo a été mis en examen pour viol le 15 janvier, près de trois ans après la plainte déposée en mars 2023 par la comédienne de doublage Elise Vigné et un peu plus de dix ans après les faits reprochés.

A l’époque, comme l’avait raconté le média d’investigation dans une enquête sur les violences sexistes et sexuelles dans le milieu du stand-up, la jeune femme était régisseuse au Paname Art Café, célèbre comedy club du XIe arrondissement de la capitale.

Les faits remontent à septembre 2015. Ils se seraient produits après une soirée alcoolisée lors de laquelle la jeune femme était rentrée chez elle accompagnée de Djimo et Lenny M’Bunga, deux stand-uppers habitués du comedy club. Dans la nuit, elle aurait eu un rapport sexuel «consenti» avec Lenny M’Bunga, d’après Mediapart. Puis, selon les détails de la plainte consultés par le pure-player, le deuxième comédien se serait introduit dans sa chambre et l’aurait «pénétrée», alors qu’elle était «en train de [s’]endormir» et sans qu’elle sache qu’il ne s’agissait pas de la personne avec qui elle venait de coucher. Elle lui aurait alors demandé d’arrêter, avant qu’il ne quitte la pièce «en courant».

«Je n’ai su qu’après que c’était Djimo»

«Pour moi, c’était Lenny qui était revenu. Je n’ai su qu’après que c’était Djimo», a expliqué vendredi à l’AFP la plaignante. Elle dit n’avoir pris clairement conscience d’avoir subi un viol que plus tard, en apprenant par un autre humoriste que Lenny M’Bunga avait fait un sketch évoquant l’histoire de deux hommes qui échangent leur rôle dans le lit d’une femme à son insu.

Au moment de l’ouverture de l’information judiciaire en janvier 2024, Djimo et Lenny M’Bunga, également cité dans la plainte, avaient été placés sous le statut plus favorable de témoins assistés, le premier pour viol commis en réunion, le second pour complicité de viol commis en réunion. Le motif a depuis été requalifié en viol, et Lenny M’Bunga a conservé le statut de témoin assisté, raconte Mediapart.

#MeTooStandUp

L’avocate Agathe Sourty a salué «une avancée procédurale majeure» pour sa cliente, Elise Vigné, 31 ans, qui «a énormément souffert et subit une vague de haine sur les réseaux sociaux parce qu’elle prend courageusement la parole». «J’avais essayé de déposer plainte en 2015 mais on n’avait pas accepté ma plainte au commissariat de Montreuil (Seine-Saint-Denis), les policiers me disaient que ce n’était pas un viol avec violence, que mon histoire n’était pas si importante, a assuré à l’AFP la jeune femme. Mais un jour, […], j’ai décidé de déposer plainte, quand je l’ai senti et quand j’en ai eu marre de voir que mon père riait [aux] blagues [de Djimo] à la télé. MeToo était passé par là, je me disais qu’il y aurait certainement quelqu’un pour m’écouter dans un commissariat, et ça a été traité par des femmes charmantes qui ont pris au sérieux ma plainte.»

Présumé innocent, Djimo conteste les faits. Son avocat, Gabriel Dumenil, a relevé auprès de Mediapart que la mise en examen de son client «ne repose sur aucun élément nouveau» et a fait savoir que son client «reste combatif et usera de toute voie de droit nécessaire pour faire reconnaître son innocence».

Depuis plusieurs années, des comédiennes et humoristes alertent sur le climat sexiste et les violences sexuelles dans le milieu du stand-up. En 2024, l’humoriste belge Florence Mendez avait lancé le #MeTooStandUp, et avait reçu une vague de témoignages visant notamment l’humoriste Seb Mellia.

Mise à jour à 22h08 avec le témoignage de la plaignante auprès de l’AFP.

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