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#MeTooThéâtre : le metteur en scène Michel Didym mis en examen pour «viol»

Une plainte avait été déposée contre le comédien en novembre 2020. Dans une enquête parue en 2021, «Libération» avait révélé le témoignage de la plaignante ainsi que celui d’une vingtaine d’autres femmes qui dénonçaient des actes allant du sexisme jusqu’au viol.

Michel Didym en 2013 à Paris. (Aurore Marechal/ABACA)
Publié le 18/12/2025 à 17h06, mis à jour le 19/12/2025 à 9h41

Trois ans après l’ouverture d’une information judiciaire, le metteur en scène Michel Didym, 67 ans, a été mis en examen pour «viol» le 27 novembre, a appris Libération auprès du parquet de Nancy. Une décision qui fait suite à la plainte pour viol d’Alice (prénom d’emprunt), déposée le 23 novembre 2020. «Ma cliente et moi-même saluons cette décision tout à fait justifiée et satisfaisante au regard de la procédure, et que nous attendions de longue date», commente l’avocate de la plaignante, Me Anne Lassalle, auprès de Libé. Contactée, l’avocate du comédien, Me Virginie Barbosa, n’a pas encore répondu à nos sollicitations.

Avertissement

Cet article relate des violences sexuelles et peut choquer.

Dans une enquête parue en 2021, Libération révélait le témoignage de la jeune femme. Elle y accusait Michel Didym, ancien directeur du théâtre de la Manufacture à Nancy, de l’avoir violée en 2012, alors qu’elle était âgée de 21 ans. A l’époque, l’artiste l’avait invitée chez lui, assurant qu’il voulait simplement l’aider à préparer les concours des écoles nationales d’art dramatique.

Au fil des heures, il l’avait «fait boire», relatait Alice, avant de l’emmener dans sa chambre, malgré ses nombreux refus. «Je suis hors de mon corps», écrivait-elle dans sa plainte. «Je sens ses doigts qui se rapprochent de mon sexe. Et finalement ses doigts dans mon sexe. Et là, il y a comme un réveil. Il faut que ça s’arrête.» Contacté par Libération en 2021, Michel Didym avait réagi à ces accusations d’une seule phrase : «Le viol est une abomination, y associer mon nom est dégoûtant.»

Notre enquête avait mis au jour une vingtaine d’autres témoignages d’actuelles ou anciennes comédiennes mettant elles aussi en cause ce metteur en scène renommé. Elles dénonçaient des agissements sexistes et des agressions sexuelles mais aussi, pour l’une d’elles, un viol. Aucune de ces femmes n’a souhaité déposer plainte, par peur des représailles ou des conséquences pour leur carrière.

Le début d’un mouvement

En 2021, nos révélations autour de Michel Didym avaient constitué un élément déclencheur du mouvement #MeTooThéâtre. Sur X, Marie Coquille-Chambel, doctorante en études théâtrales, avait lancé le hashtag en soutien aux victimes, et pour inciter toutes celles et ceux qui n’osaient pas témoigner jusque-là à prendre la parole.

Plusieurs milliers de témoignages avaient suivi. Le 16 octobre 2021, une manifestation rassemblant plus de 300 personnes s’était tenue à Paris pour dénoncer les violences sexistes et sexuelles dans le milieu de la culture.

Mise à jour vendredi 19 décembre à 9 h 41 avec la réaction de l’avocate de la plaignante.

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