Le 6 janvier, lorsqu’une femme de 60 ans vivant à Nersac, en Charente, avise la gendarmerie d’une violente agression dont elle vient d’être victime, les forces de l’ordre ne peuvent imaginer que cette affaire aboutira à l’arrestation de l’un d’entre eux. A chaque fois, même modus operandi de la part de l’agresseur : l’homme, armé d’un «canif», ordonne à «sa victime de le suivre en montant dans sa voiture», rapporte le vice-procureur d’Angoulême, Mathieu Auriol, dans un communiqué ce jeudi.
Grâce à un signalement vestimentaire et physique précis, l’homme en question est interpellé mardi 13 janvier et placé en garde à vue, rapporte le parquet. Il s’agit d’un policier du commissariat d’Angoulême, formateur technique de sécurité et d’intervention, âgé de 45 ans. Immédiatement, les enquêteurs font le lien entre l’agression du 6 janvier et une série d’autres qui se sont déroulées ces dernières semaines dans le secteur d’Angoulême. «A Nersac le 19 novembre 2025, à Saint-Michel le 26 décembre 2025, à Angoulême le 1er janvier 2026 et à Gond-Pontouvre le 5 janvier 2026. Les femmes victimes étaient respectivement âgées de 61 ans, 19 ans, 53 ans et 18 ans», précise le vice-procureur.
Des agressions au cours desquelles «l’individu agissait toujours selon le même mode opératoire, baissant sa vitre conducteur le visage partiellement dissimulé, tendant une arme de poing vers sa victime, prononçant les mots «monte, ou je te bute»», déclare la même source, tout en soulignant que ces quatre femmes ont réussi, «à chaque fois», à prendre la fuite.
Agression et viol d’une jeune fille en janvier 2025
Et une sixième affaire se joint rapidement au dossier, remontant elle au 31 janvier 2025. Ce matin-là, une jeune fille de 17 ans, qui attendait son bus scolaire à 7 h 20 à Nersac (Charente), lieu de résidence du fonctionnaire de police, est «agressée par un homme encagoulé et armé d’un couteau», déroule le parquet d’Angoulême. Ce dernier la force à monter dans sa voiture pour l’emmener dans un bois, «menaçant de lui trancher la gorge si elle ne s’exécutait pas». «Après l’avoir conduite sur un chemin communal, il lui imposait une fellation dans le véhicule, sous la menace du couteau, après avoir baissé son pantalon. Il procédait ensuite à des attouchements.» La jeune femme parvient ensuite à s’enfuir et à prévenir les secours. Un appel à témoins avait été lancé quelques semaines après.
Lors de sa garde à vue, le policier du commissariat d’Angoulême a d’abord nié les faits lors de sa première audition, mais a fini «par reconnaître l’ensemble des six faits, confronté aux éléments recueillis lors de l’enquête», notamment aux résultats des prélèvements ADN réalisés lors du viol du 31 janvier 2025.
Selon le vice-procureur de la ville, les cinq faits les plus récents sont qualifiés en «tentatives d’enlèvement», alors que les faits criminels du 31 janvier 2025 tombent sous le coup des chefs «d’enlèvement, séquestration pour faciliter un crime, agression sexuelle avec arme, et viol avec arme». Le mis en cause a été présenté jeudi à un juge d’instruction en vue de sa mise en examen, conclut le parquet. Il a ensuite été placé en détention provisoire, annonce ce vendredi Mathieu Auriol.




