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Violences

Mort de Quentin Deranque : Laurent Nuñez pointe «l’ultra gauche», Yaël Braun-Pivet suspend l’accès à l’Assemblée pour l’assistant parlementaire de Raphaël Arnault

Sur France Inter ce lundi matin, le ministre de l’Intérieur a critiqué LFI pour ses liens supposés avec le groupe antifasciste dissous de la Jeune Garde et confirmé que plusieurs témoignages évoquaient la présence sur les lieux de Jacques-Elie Favrot, collaborateur du député du Vaucluse.

Un drapeau de la Jeune Garde lors d'un rassemblement contre la dissolution de l'organisation antifasciste à Lyon, le 6 mai 2025. (Matthieu Delaty/Hans Lucas)
Publié aujourd'hui à 9h26, mis à jour le 16/02/2026 à 11h39

Sur la même ligne que son camarade de la Justice, Gérald Darmanin, pour le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, il n’y a «aucun doute» possible : «manifestement, c’est l’ultragauche» qui est derrière la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque à Lyon, a-t-il affirmé au micro de France Inter ce lundi 16 février au matin. Questionné au sujet de l’attaque jeudi du jeune homme de 23 ans, dont il avait affirmé ce dimanche que l’ultragauche était «à la manœuvre», il a réitéré ses propos tout en admettant que seul le parquet pourrait «confirmer l’appartenance» des agresseurs. Mais en insistant tout de même : «La Jeune Garde est très présente sur Lyon.»

La Jeune Garde, groupe antifasciste dissous en juin 2025, a été mise en cause dans la mort de Quentin Deranque par le collectif Némésis, proche de l’extrême droite, sans que le parquet n’ait établi pour sa part un tel lien à ce stade. Le procureur de Lyon tiendra une conférence de presse ce lundi à 15 heures sur l’enquête, après que les services de police ont «recueilli plusieurs témoignages significatifs».

Parmi ces témoignages, Laurent Nuñez confirme auprès de France Inter que ceux de «nombreux» militants de la «partie adverse [l’extrême droite, ndlr]» affirment que Jacques-Elie Favrot, le collaborateur parlementaire du député LFI et cofondateur de la Jeune Garde Raphaël Arnault, était présent au moment des faits. Une rumeur qui a circulé sur les réseaux sociaux et dans la presse ce week-end, son nom étant pointé par Némésis. Auprès du Progrès, l’avocat de l’assistant, Me Bertrand Sayn, a affirmé que son client «nie formellement être responsable de ce drame». Le collaborateur parlementaire s’est mis en retrait de ses fonctions le temps de l’enquête, et la présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet, a annoncé sur X avoir décidé, «à titre conservatoire et sans préjudice des suites de l’enquête judiciaire, de suspendre ses droits d’accès à l’enceinte de l’Assemblée nationale, afin de prévenir les troubles à l’ordre public que sa présence est susceptible de susciter».

«Le terrorisme, c’est vraiment autre chose»

Le ministre de l’Intérieur accuse notamment le groupe militant la Jeune Garde d’être «structuré autour de la violence» et d’organiser «des formations de ses militants au combat» : «C’est bien pour cela que nous avons lancé une procédure de dissolution, parce que ce sont des groupes qui appellent à des manifestations armées […] On documente leur participation à de nombreuses actions violentes.» «Quand on dissout un mouvement, évidemment qu’on suit l’évolution de ses membres», a-t-il ajouté.

Interrogé quant à l’éventualité de classer certaines organisations d’extrême gauche comme «terroristes», Laurent Nuñez est toutefois resté ambigu. S’il a estimé que «ça n’a aucun sens […]. Le terrorisme, c’est vraiment autre chose», il a ajouté que «les services français les suivent de près parce que, dans d’autres pays européens, cette mouvance d’ultragauche a pu verser dans des actions à caractère terroriste», évoquant la Grèce, l’Italie ou l’Allemagne.

Concernant la proximité supposée entre LFI et la Jeune Garde, Laurent Nuñez a martelé que leur lien était «très fort», citant pour exemple un communiqué du parti politique demandant de renoncer à la dissolution du collectif antifasciste. L’occasion pour le locataire de Beauvau d’adresser une critique à peine voilée à Jean-Luc Mélenchon : «La radicalité dans le discours, ça peut parfois se traduire par de la violence dans la rue, donc il faut toujours veiller, dans la discussion politique, à la modération.»

Mise à jour à 11 h 39 avec la suspension de l’accès à l’Assemblée nationale pour Jacques-Elie Favrot.

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