La liste s’est allongée tout le long de la soirée. Neuf hommes ont été interpellés ce mardi 17 février dans le cadre de l’enquête sur la mort du jeune militant nationaliste Quentin Deranque, roué de coups jeudi à Lyon. Parmi les personnes arrêtées, figure Jacques-Elie Favrot, un assistant parlementaire du député de la France insoumise, Raphaël Arnault. Son nom circulait depuis plusieurs jours et le jeune homme avait perdu lundi ses droits d’accès à l’Assemblée nationale bien qu’il ait démenti, par le biais de son avocat «être responsable du drame».
Raphaël Arnault, aussi co-fondateur du groupe antifa la Jeune Garde, a annoncé dans la soirée avoir engagé la procédure pour «mettre fin» au contrat de son collaborateur parlementaire. «Jacques-Elie Favrot a cessé toutes ses activités parlementaires. Dès hier [lundi] avant d’apprendre son interpellation ce soir, nous avons engagé auprès des services de l’Assemblée les procédures pour mettre fin à son contrat. À l’enquête désormais de déterminer les responsabilités», a écrit le député insoumis sur X.
Analyse
Quentin Derenque, 23 ans, a été frappé jeudi soir par plusieurs personnes cagoulées, en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon, où il était venu assurer la sécurité de militantes du collectif identitaire Némésis. Souffrant d’un grave traumatisme crânien, il est mort samedi.
Après avoir auditionné les témoins, exploité des vidéos et de la téléphonie, les enquêteurs étaient parvenus mardi matin à identifier une partie des suspects et ont procédé dans l’après-midi aux premières interpellations, selon le procureur de Lyon Thierry Dran.
Le procureur peu disert
Déjà très prudent la veille lors de sa conférence de presse, le magistrat a refusé d’en dire plus ce mardi sur les profils des suspects. Une source a précisé à l’AFP que des hommes interpellés étaient proches de la mouvance «d’ultragauche». Sans toutefois préciser si certains d’entre eux, ou leur totalité, appartenaient au groupe de la Jeune Garde.
Ce mouvement antifasciste fondé en 2018 à Lyon, a assuré ne pouvoir «être tenue pour responsable» de la mort de Quentin Deranque, «ayant suspendu toutes ses activités» car elle est visée par une procédure de dissolution.




