Menu
Libération
Violences policières

Mort d’El Hacen Diarra dans un commissariat parisien : la famille réclame l’interpellation des agents impliqués

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a répondu ce mardi 20 janvier qu’il n’y avait «aucune raison de suspendre» les policiers qui ont interpellé El Hacen Diarra, un Mauritanien de 35 ans mort lors de sa garde à vue dans un commissariat parisien.

Les proches de la victime avec la militante Assa Traoré, lors d'un rassemblement en hommage à El Hacen Diarra, le 18 janvier. (Cha/Cha Gonzalez)
Publié le 20/01/2026 à 15h00

La famille d’El Hacen Diarra, mort la semaine dernière dans un commissariat parisien, a réclamé ce mardi 20 janvier le placement en garde à vue des policiers impliqués, soulignant notamment que les résultats d’autopsie étaient «caractéristiques» d’un étranglement. Lundi soir, le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une information judiciaire pour «violences volontaires ayant entraîné la mort par personne dépositaire de l’autorité publique», cinq jours après les faits et deux jours après une demande de l’avocat de la famille, Me Yassine Bouzrou.

Bien trop tard pour les proches de ce Mauritanien de 35 ans, qui dénoncent des violences policières ayant conduit au décès. Sur des images captées par un voisin, on distingue deux policiers, dont l’un, à genoux, donne deux coups de poing à El Hacen Diarra, plaqué au sol. On l’entend crier «Vous m’étranglez !» selon l’analyse du son réalisée par la famille du défunt. «Après cinq jours de dysfonctionnements graves et d’une communication qui a retardé l’accès à la vérité, la pratique judiciaire impose désormais des actes immédiats», l’interpellation des «policiers impliqués» et leur présentation «sans délai» au juge d’instruction, réclame Me Bouzrou dans un communiqué transmis à l’AFP.

En réponse, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a assuré lors des questions au gouvernement qu’il n’y avait «aucune raison de suspendre» les policiers qui ont interpellé El Hacen Diarra, un Mauritanien de 35 ans décédé peu après lors de sa garde à vue dans un commissariat parisien. «Je fais confiance à la justice pour faire toute la lumière sur cette affaire.»

«Mesures coercitives prévues par la loi»

L’avocat Yacine Bouzrou déplore de son côté, notamment, un «délai […] préjudiciable à la recherche de la vérité, tant en raison de l’absence de diligences immédiates que d’une communication institutionnelle exclusivement fondée sur les déclarations des policiers impliqués, sans aucun élément objectif de corroboration, présentant le décès comme un simple malaise». «La famille de M. El Hacen Diarra ne comprendrait pas que ces faits ne donnent pas lieu aux mesures coercitives prévues par la loi et habituellement utilisées dans les dossiers criminels où un homme a perdu la vie», ajoute-t-il.

Yacine Bouzrou s’appuie sur les conclusions de l’autopsie : fracture de la corne du cartilage de la thyroïde et plaie profonde à la tempe. La première lésion, «grave et non anodine [est] classiquement observée lors d’étranglements», et la seconde est «incompatible avec l’hypothèse d’un malaise spontané et [traduit] des violences d’une intensité particulière», dénonce Me Bouzrou.

Le parquet a fait état de ces résultats, mais affirme qu’ils n’apportent «pas à ce stade de certitude sur la causalité du décès». Il assure que la fracture peut être «antérieure au décès ou consécutive à l’autopsie» et que des examens complémentaires ont été ordonnés «dont les conclusions ne seront pas disponibles avant plusieurs semaines».

Mise à jour à 16 h 47 avec la réaction du ministre de l’Intérieur.
Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique