La famille d’El Hacen Diarra souhaite que la lumière soit faite sur sa mort, survenue dans la nuit du 15 au 16 janvier, dans un commissariat du XXe arrondissement de Paris. Yassine Bouzrou, l’avocat des proches de l’homme de 35 ans, a annoncé ce lundi déposer une nouvelle plainte pour «destruction de preuves». L’avocat dénonce l’absence d’images provenant des caméras-piéton des policiers intervenus au cours de l’interpellation du ressortissant mauritanien. Le parquet avait à ce sujet indiqué que ces caméras que doivent porter les policiers sur eux «n’étaient pas fonctionnelles, du fait selon eux de la décharge de leur batterie, ce qui a été vérifié par l’officier».
Reportage
Pas de quoi convaincre la famille du défunt. «Une explication techniquement impossible et suspecte», rétorque l’avocat de la famille de la victime. Il relève par ailleurs que les batteries de ces caméras piéton sont «censées fonctionner 12 heures», et qu’en plus de la vidéo tournée par le voisin, «des témoignages» confirment «les violences policières».
«Il est permis de penser que les images des caméras piétons ont pu être détruites ou dissimulées aux enquêteurs afin d’éviter qu’elles constituent des éléments démontrant les violences commises lors de l’interpellation de monsieur El Hacen Diarra ou durant son transport au commissariat», explicite également l’avocat dans sa plainte.
Des «obstructions» dénoncées par la famille d’El Hacen Diarra
Un dépaysement de l’enquête a été demandé par le conseil des proches d’El Hacen Diarra. Dans son communiqué, la famille dénonce «également l’opacité persistante de la procureure» de Paris, Laure Beccuau, ainsi que de la juge d’instruction chargée de l’enquête, qui refusent de «communiquer les vidéos et les conclusions de l’autopsie».
«Face à ces obstructions, la famille demande le dépaysement immédiat de l’enquête pour garantir son impartialité», poursuit-il. «La famille refuse que la vérité soit étouffée. La justice doit enfin agir avec transparence».
Alors que la famille réclamait par ailleurs l’interpellation des agents impliqués, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a répondu qu’il n’existait «aucune raison de suspendre» les policiers, ajoutant faire confiance à la justice pour «faire toute la lumière sur cette affaire».
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C’est au pied de son foyer de travailleurs que El Hacem Diarra a été interpellé par la police dans la nuit du 15 au 16 janvier. Sur une vidéo tournée par un voisin, on voit deux policiers dont l’un, à genoux, donne deux coups de poings en direction de l’homme qui se trouve au sol. On l’entend même crier «Vous m’étranglez !», selon l’analyse du son réalisée par la famille
Suite à la diffusion des images, le parquet de Paris avait annoncé l’ouverture d’une information judiciaire pour «violences volontaires ayant entraîné la mort par personne dépositaire de l’autorité publique» cinq jours après les faits, et deux jours après une demande de l’avocat de la famille.




