Des hommes en uniforme noir et épaulettes rouges ont pris place à la droite de Nicolas Bessone, le procureur de la République de Marseille. Ces mossos d’esquadra, des policiers catalans, sont les invités d’honneur de la conférence de presse organisée par le parquet ce lundi après-midi. Du beau monde aussi à la gauche du magistrat : Yann Sourisseau, le patron de l’Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO) a lui aussi fait le voyage, pour saluer la «coopération exemplaire» entre ses services, la PJ et le parquet marseillais, et les équipes espagnoles. Leurs efforts combinés ont abouti à un important coup de filet dans le milieu du narcotrafic. La semaine dernière, le parquet de Marseille annonçait l’interpellation de treize personnes, impliquées à différents niveaux dans un double homicide survenu en Espagne le 3 mai. Un double assassinat hors les murs, mais qui selon le parquet est directement lié au conflit qui oppose la DZ Mafia à Yoda, deux clans rivaux de la cité de la Paternelle, l’une des plus lucratives du trafic marseillais. Une guerre de territoire, qui serait à l’origine de plus de 70 % des 49 morts du narcobanditisme à Marseille en 2023.
C’est à Salou, petite station balnéaire et touristique de Catalogne, que démarre l’affaire. Le 3 mai, la police espagnole est appelée pour une fusillade. Sur place, dans une voiture, un homme est déjà mort, abattu par des tirs de kalachnikov. Un autre, au sol cinquante mètres plus loin, succombera à ses




