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Narcotrafic : Emmanuel Macron convoque une réunion au sommet mardi à l’Elysée

Le Président, plusieurs ministres et responsables judiciaires évoqueront «la mise en œuvre de la loi narcotrafic» et «la situation à Marseille», fait savoir l’Elysée ce lundi 17 novembre.

Emmanuel Macron à Paris le 17 novembre 2025. (Sarah Meyssonnier/AFP)
Publié le 17/11/2025 à 19h12

Après plusieurs faits divers sanglants ces derniers jours, dont l’assassinat du frère d’un militant écologiste engagé contre le trafic de drogues, Emmanuel Macron a convoqué mardi à l’Elysée une réunion au sommet sur le narcotrafic. Elle aura lieu à 10 heures, en présence du Premier ministre Sébastien Lecornu et de plusieurs ministres, et traitera de «la mise en œuvre de la loi narcotrafic» et de «la situation à Marseille», fait savoir la présidence ce lundi 17 novembre.

Les ministres Gérald Darmanin (Justice), Laurent Nuñez (Intérieur), Jean-Noël Barrot (Affaires étrangères) et Amélie de Montchalin (Comptes publics), ainsi le directeur général de la police nationale, de la police judiciaire, ainsi que le préfet des Bouches-du-Rhône et le procureur de Marseille seront autour de la table, a fait savoir l’Elysée, confirmant une information de France Info.

Lors de la réunion, «un point à l’ordre de jour sera spécifiquement consacré à la situation à Marseille», a déclaré l’Elysée. Jeudi, le frère d’un militant écologiste engagé dans la lutte contre le narcobanditisme, Amine Kessaci, a été abattu à Marseille. Le procureur Nicolas Bessone n’a pas exclu un assassinat d’avertissement. Un autre frère d’Amine Kessaci avait été tué en 2020.

Deux drames qui doivent faire « prendre conscience du danger du narcobanditisme »

Les obsèques de Mehdi Kessaci doivent se dérouler mardi après-midi à Marseille. La famille souhaite qu’elles se déroulent sans la présence de la presse et précise qu’une marche blanche se tiendra le week-end prochain. A Grenoble, un jeune adolescent a par ailleurs été touché dans la nuit de samedi à dimanche par trois balles près d’un point de vente de drogue, et est toujours dans le coma lundi.

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a estimé la semaine dernière que le drame survenu à Marseille constituait «un point de bascule effrayant qui doit faire prendre conscience du danger de cette mafia du narcobanditisme à l’ensemble de la société française». Le Nordiste avait défendu au Parlement la loi sur le narcotrafic, qui comprenait aussi des mesures répressives, des outils pour les enquêteurs, et la création de quartiers de haute sécurité dans des prisons pour y placer à l’isolement les narcotrafiquants les plus dangereux.

Un nouveau parquet contre le narcotrafic

Cette réunion au sommet doit porter selon l’Elysée sur la «mise en œuvre» et «la montée en puissance» de cette fameuse loi narcotrafic, qui a été promulguée en juin. Celle-ci prévoit également «l’installation du Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco) qui sera officiellement créé le 1er janvier prochain», précise l’Elysée. La magistrate Vanessa Perrée, dont Gérald Darmanin a proposé la nomination pour prendre la tête du futur Pnaco, sera d’ailleurs également présente à la réunion ce mardi.

Ce nouveau parquet sera compétent sur les dossiers les plus graves et complexes en matière de crime organisé, sur le modèle du parquet national antiterroriste (Pnat) et du parquet national financier (PNF). «Le chef de l’Etat suit ce sujet de très près et s’était notamment rendu en mai dernier à l’état-major de lutte contre le crime organisé à Nanterre», a souligné l’Elysée.

Un sujet au cœur des municipales

A quatre mois des municipales, le thème s’invite aussi dans la campagne électorale et notamment à l’extrême droite. Le candidat RN à la mairie de Marseille, Franck Allisio, a ainsi réclamé «l’état d’urgence à Marseille», une mesure qui donne davantage de pouvoir aux préfets pour interdire certains rassemblements ou décider de perquisitions administratives. Selon son entourage, la réunion à l’Elysée pourrait aborder la question de la protection des candidats aux municipales. Et sur X, Marine Le Pen a appelé «l’exécutif à se ressaisir» face aux «gangs qui ensanglantent la France».

Le thème devrait aussi être abordé au congrès de l’Association des maires de France (AMF) cette semaine à Paris. La loi narcotrafic est «une bonne loi» mais «au-delà des affichages ou des réunions d’urgence, ce qu’il faut maintenant, c’est l’exécution des choses », a réclamé son président, David Lisnard, sur BFM TV-RMC.

L’AMF avait déjà organisé une table ronde sur le narcotrafic l’année dernière car « cette réalité nous la vivons dans les grandes villes, les villes moyennes mais aussi les villages », a souligné le maire LR de Cannes. Une priorité partagée par des élus de tous bords. « C’est un véritable fléau », a reconnu sur RTL le secrétaire national du Parti communiste et maire de Saint-Amand-les-Eaux (Nord) Fabien Roussel. « Mais ce n’est pas la police municipale qui pourra lutter contre les narcotrafiquants. Si Emmanuel Macron sort de cette réunion avec un communiqué de presse, mais sans aucun moyen d’urgence dédié aux services de l’Etat, c’est du vent », a-t-il prévenu.

Mis à jour à 11 h 11 avec davatange d’éléments sur la loi narcotrafic et les municipales.

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