«La sécurité en France se joue aussi aux Emirats». En visite ce mercredi 19 novembre aux Emirats arabes unis, le ministre de la Justice Gérald Darmanin y a réclamé l’extradition d’«une quinzaine» de narcotrafiquants présumés «particulièrement signalés» recherchés par le gouvernement français. Plusieurs d’entre eux sont partis s’installer dans ce pays du Golfe, assure le Garde des Sceaux dans un message publié sur son compte X.
Le ministre, qui a précisé avoir transmis une liste aux autorités émiraties, a ajouté que «depuis le début de l’année, quatorze grands narcotrafiquants (avaient) été interpellés puis extradés vers la France pour y être incarcérés (notamment dans les prisons de haute sécurité que nous avons créées) et jugés.»
Décryptage
Gérald Darmanin entend lutter contre ces narcotrafiquants «en les tapant au portefeuille au niveau international». Dans cette idée, «pour la première fois, les Emirats ont accepté de saisir une quarantaine d’appartements», s’est-il félicité. Le Garde des Sceaux a également fait passer «une liste de plusieurs dizaines de millions d’euros de patrimoine» aux autorités émiratis, «en particulier des appartements et des villas de luxe achetés en cash ou en cryptomonnaies». Cette procédure de saisie est «en cours», a précisé dans son entourage.
La visite de Gérald Darmanin aux Emirats n’est pas un hasard. Des figures de premier plan du narcotrafic en France se sont installées à Dubaï, où elles se sont parfois constitué d’importants patrimoines immobiliers.
Déplacement à Marseille
Ce déplacement du ministre intervient aussi au moment où la lutte contre le narcotrafic et ses manquements sont au cœur du débat public en France après l’assassinat le 13 novembre de Mehdi Kessaci, le frère du militant Amine Kessaci engagé contre le narcotrafic, abattu en plein jour à Marseille.
Accompagné de son collègue de l’Intérieur Laurent Nuñez, Gérald Darmanin doit se rendre jeudi à Marseille où une rencontre avec la famille d’Amine Kessaci est prévue, deux jours avant une marche blanche en mémoire de son jeune frère samedi.
Mardi, à l’issue d’une réunion d’urgence convoquée à l’Elysée par le chef de l’Etat, Emmanuel Macron a appelé les autorités à adopter face au narcotrafic la même approche que contre «le terrorisme».




