Après une réunion ce mardi 18 novembre dans la matinée à l’Elysée consacrée à la lutte contre le narcotrafic, Emmanuel Macron a enfoncé le clou lors d’une conférence de presse à Berlin dans la soirée. «Ce qui a été fait», «et même réussi, dans la lutte contre le terrorisme», «nous devons le faire» sur le narcotrafic, a martelé le Président, plaidant pour «une approche totalement intégrée», «qui va du local à l’international». Il a aussi souligné qu’«acheter de la cocaïne» ou «du cannabis» signifiait «de fait être complice et donner du financement à des réseaux de criminalité organisé».
Devant l’Assemblée nationale dans l’après-midi, son Premier ministre, Sébastien Lecornu, a déclaré a évoqué «un énorme défi de société». L’ancien ministre de la Défense s’exprimait à la suite d’une question posée par la cheffe de file des députés écologistes, Gabrielle Chatelain, applaudie par tous les députés debout quand elle a rendu hommage à Mehdi Kessaci, frère d’un militant écologiste à Marseille et assassiné la semaine dernière. Il a réclamé devant l’Hémicycle une «forme d’unité nationale» sur le sujet du narcotrafic. «Face [à la] mutation de l’adversaire» et de ses réseaux, «plus diffus» et «plus nombreux» qu’avant, avec des «acteurs de plus en plus jeunes», «on doit évidemment à notre tour s’adapter», a-t-il poursuivi.
«Unité nationale»
Partageant l’«émotion, la colère» et «la solidarité de l’ensemble de la nation» avec la famille Kessaci, qui a déjà perdu un fils en lien avec le trafic de drogue, le chef du gouvernement a assuré que «tout sera fait pour que la justice soit rendue», après ce «meurtre d’avertissement» qui vise «à propager la terreur chez celles et ceux qui sont des militants et qui sont engagés».
Un peu plus tôt dans la journée, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez a qualifié l’assassinat de Mehdi Kessaci de «crime d’intimidation» qui constitue «un point de bascule». «Ce n’est pas un règlement de comptes classique» , a-t-il insisté. «On a constaté que les trafiquants et notamment ceux qui dirigent les mafias marseillaises sont de plus en plus à cran parce que nous menons des actions qui sont extrêmement efficaces», a aussi affirmé Laurent Nuñez.
Emmanuel Macron attendu à Marseille mi-décembre
Le ministre de l’Intérieur, qui s’exprimait ce mardi à l’issue d’une réunion à l’Elysée, a ajouté qu’il se rendrait, avec le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, dès ce jeudi à Marseille à la demande d’Emmanuel Macron, qui leur a demandé «d’amplifier» la lutte contre les narcotrafiquants. Le président de la République, lui, est attendu mi-décembre pour une visite dans la préfecture des Bouches-du-Rhône.
Etaient aussi présents lors de la réunion des représentants du ministère de la Justice, ainsi que les ministres des Comptes publics et des Affaires étrangères, Amélie de Montchalin et Jean-Noël Barrot, et des magistrats spécialisés dont le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessonne. Le directeur national de la police judiciaire, Christian Sainte, participait également à cette réunion.
A l’issue du point presse convoqué par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez a tenu à rappeler que «s’il n’y avait pas de consommateurs, il n’y aurait pas tout ça, tous ces drames, tous ces crimes, tous ces trafics». Peu de temps avant cette réunion sur le narcotrafic, le chef de l’Etat a nommé Jacques Witkowski, ancien officier supérieur de gendarmerie, à la tête de la préfecture des Bouches-du-Rhône.
Mise à jour : à 20 h 03 avec l’ajout de la déclaration d’Emmanuel Macron depuis Berlin.




