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A la barre

«Ne pas mentionner une absence de vingt minutes, c’est curieux !» : au procès Péchier, le coup de théâtre et l’emploi du temps à trous de l’accusé

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Interrogé sur le cas de Jean-Claude Gandon, victime d’un arrêt cardiaque inexpliqué en 2017, l’ex-anesthésiste a changé de version devant la cour d’assises du Doubs et affirmé que son patient était resté seul au bloc… au moment où la poche de paracétamol aurait été infectée.

Frédéric Péchier arrive à la cour d'assises du Doubs, à Besançon, le 8 septembre. (Antoine Mermet/Hans Lucas)
Publié le 24/09/2025 à 20h03

«Je ne suis pas là pour me faire exécuter non plus !» En rogne, les deux avant-bras calés sur le pupitre des témoins, Frédéric Péchier se cabre. Auditionné ce mercredi 24 septembre pour la deuxième fois devant la cour d’assises du Doubs, l’ex-anesthésiste, accusé de l’empoisonnement de 30 patients dont 12 sont morts, vient de changer encore une fois de version. Le médecin déchu lasse. Il le comprend à la moue de la présidente, au brouhaha sur les bancs des avocats de la partie civile. Qu’importe, il veut faire entendre sa vérité sur les circonstances de l’arrêt cardiaque inexpliqué au bloc opératoire qui a failli coûter la vie à Jean-Claude Gandon, le 20 janvier 2017. Cet événement indésirable grave (EIG) qui clôt la série funeste démarrée en 2008 à la clinique Saint-Vincent, la cour l’a longuement décortiqué la semaine passée. Praticiens, infirmières et experts avaient reconstitué, touche après touche, un tableau accablant pour lui sans qu’il puisse alors répondre. Dans leurs grandes lignes, les faits sont connus.

Au cours de l’opération de retrait de sa

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