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Interview

«Nomades» internés pendant la guerre : «Nier la nature génocidaire des persécutions empêche toute possibilité de réparation depuis 80 ans»

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Pour Lise Foisneau, anthropologue au CNRS et autrice de «Nomades face à la guerre (1939-1946)», la reconnaissance des persécutions subies par ces populations sous Vichy est indispensable pour mettre en place une politique de lutte contre l’antitsiganisme en France.

En avril 1997, dans les ruines de l'ancien camp d'internement de «nomades» de Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire). (Carlos Munoz Yague /Divergence)
Par
Charlotte Combret
Publié le 29/01/2026 à 10h09

Un travail de mémoire encore inachevé. Quatre-vingts ans après la libération des derniers camps d’internement des «nomades» en France, Lise Foisneau, anthropologue au CNRS et autrice de Nomades face à la guerre (1939-1946), revient sur ce pan de l’histoire de notre pays qui demeure méconnu.

Pourquoi les persécutions subies par les «nomades» lors de la Seconde Guerre mondiale ont-elles été si peu documentées ?

Il n’y a pas eu d’oubli, mais une occultation délibérée par les pouvoirs publics. Il a fallu que les survivants eux-mêmes s’organisent pour que les premières stèles soient posées. Ce n’est qu’en 1992 qu’un laboratoire de recherche, l’IHTP, est chargé d’une enquête sur «les Tsiganes de France, 1939-1946». Le rapport qui en découle apporte la preuve formelle de l’internement, mais rejette l’idée que les Allemands auraient mené en France une politique répondant à «une volonté exterminatrice» à l’encontre des «nomades». En faisant exclusivement des Roms et des Voyageurs des victimes collatérales de la guerre, cette conclusion a dissuadé l’exploration d’un champ de recherche qui venait tout juste de s’ouvrir.

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