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(Bruno Mangyoku/Liberation)
Enquête

Opération Trident (4/4) : derrière le trafic de cocaïne, le serrurier préféré des stups marseillais et une enquête emblématique en sursis

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Au printemps 2023, des policiers sont suspectés d’avoir importé puis participé à la vente de près de 400 kilos de cocaïne en France. «Libération» a enquêté sur une débâcle inédite. Dans le dernier épisode, comment les méthodes des agents antistups menacent de fragiliser une autre procédure de grande envergure.
publié le 17 octobre 2025 à 10h00

Pour piéger un gros trafiquant de drogue, des policiers de l’Office antistupéfiants marseillais ont monté une opération de grande envergure, baptisée «Trident», avec l’aide de la DEA, l’agence antidrogue américaine. Mais l’affaire a viré au fiasco, révélant le rôle actif d’agents dans le trafic, dont cinq sont à ce jour mis en examen, et l’intervention de protagonistes troubles. Une débâcle qui menace désormais de fragiliser d’autres procédures judiciaires. Une série de Libération en quatre épisodes.

En ouvrant une fenêtre sur les méthodes des policiers chargés de la lutte contre le narcotrafic à Marseille, la justice n’imaginait sans doute pas découvrir un paysage aussi dévasté. L’enquête judiciaire sur le fiasco de l’opération Trident est partie d’un soupçon de corruption visant un groupe de quelques policiers. Cette procédure, confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) en janvier 2024, dont des éléments ont été publiés par le Monde et le Parisien, a pris depuis une ampleur inattendue et mis en lumière une utilisation apparemment banalisée

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