Le calme se faufile avec la brume dans les rues de Kilstett, à 15 kilomètres au nord de Strasbourg (Bas-Rhin). C’est l’un de ces dimanches de novembre où le ciel gris frôle la pointe du clocher pendant que les promeneurs et les joggeurs se croisent et se saluent. Dans cette petite ville de 2 500 habitants, tout le monde ou presque, se connaît. Kilstett, «un village à taille humaine», peut-on même lire sur le site de la mairie. «Pourtant, lui, je ne l’ai quasiment jamais croisé», constate une jeune passante blonde.
«Lui», trois lettres pour désigner Michael Wiseman, un Américain de 51 ans, l’un des hommes les plus recherchés par la police d’Arizona, aux Etats-Unis, pour des faits de pédocriminalité. L’homme, qui vivait dans la commune alsacienne depuis près d’un an sous le nom de Robert Danilewski, a été arrêté le 1er novembre, après treize ans de cavale. En accédant à distance au contenu de sa messagerie électronique, les enquêteurs américains ont trouvé des vidéos dans lesquelles le quinquagénaire violait son fils adoptif.
«C’est comme dans un film, mais un très mauvais film», lâche Françoise, qui se promène bras dessus, bras dessous, avec son mari. Le couple vient régulièrement de Belgique rendre visite à leur fille qui habite le village. «Ça a fait l’effet d’une bombe ici», poursuit la sexagénaire. «En Belgique, on reste marqué par l’affaire Dutroux. Forcément, quand on a entendu ce qu’il s’était passé, on a pensé à ça», ajoute-t-el




