Alain (1) est conducteur de bus en banlieue parisienne. Au volant de son gros engin, il est très respectueux du code de la route, sécurité des passagers oblige. Mais au volant de sa voiture, pour ses trajets personnels, il lui arrive de prendre quelques libertés, d’où un décompte de points sur son permis de conduire qui tend dangereusement vers zéro. «Si je perds mon permis, je perds aussi mon boulot», s’inquiète-t-il. Bernard, lui, est ambulancier. Dans son véhicule professionnel, sirène hurlante sur le toit, il a pris l’habitude de rouler très vite en cas d’urgence. Au risque que cela déteigne sur ses déplacements privés… Lui aussi scrute avec inquiétude la baisse de ses points : «Je ne peux pas me permettre de perdre mon permis.» Il y a également cette cohorte de livreurs ou d’employés obligés de rouler pour se rendre au travail, faute de transports en commun adéquat. Bref, la guerre des points est déclarée. Et une armada d’avocats s’y attelle.
Nathan Guibère est l’un d’eux. «La défense des usagers de la route peut prendre plusieurs formes, détaille-t-il. Il s’agit d’abord de contester des infractions, qu’elles entraînen




