Dans un quartier résidentiel bordelais, au milieu d’un open space d’un nouveau genre. Souris en main, la mine concentrée, une demi-douzaine de policiers confirmés pianotent à toute vitesse sur leurs claviers. De temps à autre, une tête masquée se relève pour échanger avec son voisin tandis que sur les écrans, les messages affluent, et que les conversations s’enchaînent à un rythme effréné : «Bonjour, ma voiture a été fracturée. Qu’est-ce que je dois faire pour porter plainte ?» «Je me suis fait escroquer par quelqu’un que je connais. A qui dois-je m’adresser ?» «Bonjour, je souhaite me rendre chez mon avocat, je mets quoi sur mon attestation de sortie ?» A l’autre bout de la pièce, l’horloge murale affiche 14 heures passées : c’est le début du pic d’activité de la journée.
Expérimentée pour la première fois en juin 2020, la plateforme en ligne Moncommissariat.fr a été lancée par la Direction générale de la police nationale (DGPN) dans un contexte de recours croissant de la population au numérique. Objectif : répondre aux questions et accompagner en ligne les usagers dans leurs démarches (préplainte, signalements, conseils…). En particulier pendant les périodes de confinement ou de couvre-feu, où les déplacements sont limités et les plus fragiles, davantage isolés. Pour étoffer le dispositif et absorber la multitude de demandes, une «montée en puissance» s’est opérée au début du mois de janvier. Les po




