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Sécurisation

Policiers et gendarmes pourraient bientôt avoir l’entrée gratuite au musée, à condition de porter leur arme de service

La mesure fait partie de la vingtaine de recommandations du rapport de la mission parlementaire mise en place après le braquage du Louvre, et présenté ce vendredi à la ministre de la Culture.

Devant le musée du Louvre le 4 novembre 2025 à Paris. (Eric Broncard/Hans Lucas. AFP)
Publié aujourd'hui à 11h32, mis à jour le 20/02/2026 à 16h50

Pas de ticket d’entrée, mais un pistolet à la ceinture. La mission parlementaire sur la sécurité des musées, organisée après le spectaculaire braquage du Louvre en octobre, a formulé 24 recommandations. Dans son rapport, remis ce vendredi 20 février à la ministre de la Culture, Rachida Dati, figure notamment l’accès gratuit des policiers et gendarmes dans les musées à condition qu’ils portent leur arme de service.

«La gratuité d’accès aux établissements leur serait accordée à condition de porter leur arme de service, de remplir les obligations afférentes au port d’arme hors service (être muni d’un brassard, port réglementaire de l’arme, etc.) et de se signaler aux agents d’accueil», indique ce rapport commandé au député macroniste Christophe Marion.

Une mesure déjà appliquée dans les trains

La mesure s’inspire d’un dispositif déjà existant dans les trains. Depuis le 1er janvier 2022, un accord entre la SNCF et le ministère de l’Intérieur prévoit la gratuité des transports pour les policiers en service actif, sur les trajets domicile-travail, à condition qu’ils soient armés.

Le but ? Les agents doivent se signaler au chef de bord au départ afin de participer à la «sécurisation du train» en cas de nécessité. Une mesure annoncée en septembre 2021 par Gérald Darmanin, alors à Beauvau, qui vantait un «partenariat gagnant-gagnant permettant de mieux sécuriser les trains et faciliter la vie de nos policiers».

Mais pour quels effets concrets ? Sept mois après la mise en place du dispositif, Europe 1 rapportait en juillet 2022, qu’il aurait permis de sécuriser «plus de 100 000 trajets». Pour sa part, la Cour des comptes a regretté, dans son rapport annuel portant sur 2022, les «effets modérés» de la mesure au regard de son coût. «Pour un dispositif coûtant environ 30 millions d’euros, la police nationale a recensé seulement 75 interventions, dont seulement 23 interventions participent effectivement à la sécurisation des voyageurs», pointe le rapport. Parmi ces interventions, 67 % d’entre elles ont consisté à contrôler les titres de transport ou l’identité des individus. «Ceci interroge la pertinence de ce dispositif», concluait le texte.

Multiplication des cyberattaques

Dans les musées, policiers et gendarmes hors service interviendraient notamment «en cas de commission d’un crime ou d’un délit flagrant» ou pour porter assistance à une personne en danger. Il reviendrait alors «aux policiers et gendarmes en visite d’apprécier les conditions de leur intervention, au regard de leurs moyens et de l’affluence dans l’établissement», note le rapport, qui liste au total 24 recommandations.

Parmi les autres mesures proposées par la mission parlementaire pour la sécurisation des musées, figure la volonté de mieux former les agents d’accueil et de surveillance de ces établissements culturels. Si aujourd’hui, les agents doivent en priorité sécuriser les visiteurs en cas d’intrusion, cette recommandation vise à ce qu’ils soient en mesure d’intervenir dans des situations plus larges. Selon le rapport, le nombre de vols dans les musées est resté globalement stable en France, avec une moyenne de 19 par an sur les quinze dernières années. Mais depuis deux ans, ces vols sont toutefois marqués par une «augmentation de la violence», suggérant «un rapprochement avec les méthodes de la criminalité organisée».

France Info rapporte par ailleurs que ce rapport parlementaire pointe la nécessité de mieux se protéger face à la multiplication des cyberattaques ciblant les musées, soulignant qu’il y en a eu 138 en 2025, soit deux fois plus qu’en 2024. La crainte ? Que les cambrioleurs déconnectent les caméras de vidéosurveillance avant de s’introduire dans un musée, a expliqué le député Renaissance Christophe Marion, auteur de ce rapport parlementaire.

Mise à jour à 16 h 50 avec davantage de précisions.

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