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Policiers agressés à Reims : deux hommes mis en examen, le procureur dénonce des violences «extrêmes» et «gratuites»

Sept agents hors services ont été agressés samedi soir à Reims. Deux hommes, des frères aux lourds antécédents judiciaires, ont été mis en examen. D’autres assaillants sont toujours recherchés ce mardi 16 septembre.

A Paris, le 23 juin 2024. (Xose Bouzas/Hans Lucas. AFP)
Publié le 16/09/2025 à 15h01

Sept policiers ont été violemment agressés en dehors de leur service samedi soir à Reims, par un groupe d’environ dix personnes. Le procureur François Schneider a, suite à cela, dénoncé ce mardi 16 septembre des actes d’une violence «extrême» et «parfaitement gratuite» contre un groupe «qui n’avait rien demandé à personne». Ce sont «des faits d’une gravité assez exceptionnelle. C’est assez inquiétant, ce type de phénomène», a souligné le procureur lors d’une conférence de presse.

Deux frères au lourd passé judiciaire, dont l’un venait de sortir de prison, ont été mis en examen lundi soir pour «violences aggravées sur personnes dépositaires de l’autorité publique» après l’agression.

Alors qu’ils devaient se retrouver dans un restaurant en plein centre de Reims pour un pot de départ après leur service, les policiers ont été pris pour cible avec «une ceinture» ainsi que des «coups de pied» et «de poings».

Selon le procureur, certains éléments de l’enquête «permettent de penser qu’ils étaient informés de la qualité des policiers. Il n’y a d’ailleurs, objectivement, pas d’autres explications pour ce lynchage gratuit» car «il ne s’est rien passé de particulier à ce moment-là vis-à-vis des policiers et des policiers vis-à-vis d’eux», a-t-il ajouté. D’autres assaillants sont toujours recherchés, «ils étaient environ une dizaine», a fait savoir le procureur.

Deux frères «connus des services de police»

Le magistrat a précisé que les deux mis en examen étaient «des jeunes qui avaient déjà été contrôlés» par des policiers et qui étaient donc «parfaitement susceptibles de […] connaître» les victimes. Agés de 26 et 27 ans et originaires de Mayotte, les suspects, deux frères «très connus des services de police», ont été placés en détention provisoire et encourent 20 ans de prison.

Tous deux étaient «convoqués aujourd’hui devant le tribunal correctionnel pour des faits d’offre ou cession de stupéfiants et non divulgation de codes dans deux affaires différentes», a détaillé le procureur. L’un d’eux a déjà «été condamné à six ans d’emprisonnement par le tribunal correctionnel de Grenoble pour un vol avec violence, pour un enlèvement et séquestration» et l’autre «a multiplié les peines pour des violences».

Les deux suspects «n’ont absolument rien reconnu, expliquant avoir été bien là, mais par hasard, et n’avoir rien vu», a rapporté le procureur. «Les incapacités de travail sont de 28 jours pour le policier qui a la cheville cassée et de six à dix jours pour les autres qui se sont fait réellement tabasser».

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