«Il y a beaucoup de monde dans cette salle aujourd’hui…» lance le président du tribunal Vincent Tridon, en balayant d’un regard la salle d’audience du tribunal correctionnel de Colmar (Haut-Rhin). Ce jeudi 28 août, toute la presse est là, concentrée sur les deux premières rangées de bancs. Les attentes ont été vite douchées : Nordahl Lelandais, qui devait comparaître pour des faits de violences conjugales au parloir en juin sur sa compagne devant leur fils de 19 mois, a refusé de comparaître.
L’ancien militaire de 42 ans, condamné à perpétuité pour les meurtres du caporal Arthur Noyer et de la petite Maëlys, n’a pas voulu être extrait de sa cellule de la centrale d’Ensisheim, près de Mulhouse, où il est incarcéré depuis septembre 2022 avec d’autres détenus aux affaires célèbres.
Vidéosurveillance du parloir familial
Celui qui se fait désormais appeler Nordahl Périnet, du nom de jeune fille de sa mère, a justement invoqué la «pression médiatique» dans un courrier au tribunal. «C’est un homme qui concentre sur lui une haine certaine», a plaidé son avocat, Me Paul Feutz, ajoutant que son client ne souhaitait s’exprimer qu’à huis clos. «La comparution de M. Périnet est nécessaire», a jugé Vincent Tridon avant de renvoyer l’affaire, faisant aussi mention de l’absence de sa compagne. Cette dernière ne s’est pas constituée partie civile et «a pu être décrite sous emprise», complète le président du tribunal.
Enquête
Le 9 juin, les caméras de vidéosurveillance du parloir familial avaient enregistré une séquence où l’on aperçoit Nordahl Lelandais saisir brusquement sa compagne en lui mettant fermement la main sur la bouche, décrit le Parisien. L’enfant, conçu en détention, était alors sur les genoux de sa mère, une circonstance aggravante, passible de cinq ans de prison, dix dans le cas de Lelandais, qui est en récidive légale. Depuis une première comparution immédiate le 11 juillet, l’ancien maître-chien a interdiction de rentrer en contact avec son fils.
Huis clos aussi demandé par l’avocat de la partie civile
«On a l’impression que Nordahl Périnet découvre qu’il est Nordahl Lelandais», remarque le procureur Jean Richert. «On peut comprendre que cet homme ne veuille pas se livrer à des gens qu’il ne connaît pas», rétorque le conseil de Lelandais, faisant allusion aux audiences publiques du tribunal correctionnel. Le huis clos a aussi été demandé par l’avocat de la partie civile représentant l’enfant, Me Thibault Mai, pour préserver son anonymat et celui de sa mère. L’audience a été reportée au 19 septembre. S’il refuse à nouveau de comparaître, un mandat d’amener pourra être mis à exécution dans la foulée, contraignant Nordahl Lelandais à assister à son procès. «Il ne l’ignore pas. Et il se présentera», a promis son avocat, Me Paul Feutz.