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Isolement

Prison de haute sécurité : Gérald Darmanin annonce l’incarcération d’«une dizaine de détenus dangereux» à Condé-sur-Sarthe

La chancellerie a confirmé ce vendredi le transfert de plusieurs détenus dans le quartier de lutte contre la criminalité (QLCO) organisée de la prison ornaise. Après Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) et Condé-sur-Sarthe, quatre nouveaux lieux de détention de ce type doivent ouvrir dans les prochains mois.

Des véhicules de police lors du transfert de détenus dans le QLCO de Condé-sur-Sarthe, le 13 novembre 2025. (Jean-François Monier/AFP)
Publié le 14/11/2025 à 10h37

Les quartiers de haute sécurité se remplissent. «Une dizaine de détenus dangereux viennent d’être incarcérés [à Condé-sur-Sarthe] après un transfert dans des conditions de sécurité exceptionnelles», s’est félicité Gérald Darmanin sur X vendredi 14 novembre. La veille, plusieurs sources concordantes annonçaient déjà l’arrivée de huit premiers détenus dans le quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) flambant neuf de la prison ornaise. C’est la deuxième prison du genre à entrer en service, «moins de quatre mois après la création de la première à Vendin-le-Vieil», dans le Pas-de-Clais, a précisé Gérald Darmanin dans son communiqué.

En début d’après-midi jeudi, un convoi de plusieurs véhicules, dont quatre fourgons blancs, gyrophares allumés, ont pénétré dans l’enceinte de la prison, où de nombreuses forces de l’ordre étaient présentes. Un hélicoptère s’est ensuite posé dans l’enceinte de la prison avant de redécoller quelques minutes plus tard. Il y a eu «sept transferts par la route et un par hélicoptère» a indiqué le secrétaire général de FO-Justice, Emmanuel Baudin, dont le syndicat est «favorable à la création de ces quartiers».

Selon le secrétaire interrégional FO Justice Jospeh Rousseaux, ces détenus, dont «les identités et les profils» ne sont pas encore connus, sont «liés au grand banditisme et aux narcotrafiquants» et proviennent «de région parisienne parce qu’ils ont mutualisé pour faire un transfert».

500 détenus considérés particulièrement dangereux

Gérald Darmanin avait annoncé mardi soir sur TF1 le transfert d’ici la fin du mois d’«une quarantaine» de détenus dans le QLCO de Condé-sur-Sarthe. A terme, «une centaine» de prisonniers doivent y être incarcérés au total. L’objectif de ces structures ultra-sécurisées est de les placer à l’isolement total, selon un régime de détention très strict inspiré de la lutte antimafia en Italie. Selon les autorités, ces détenus appartiennent au haut du spectre de la criminalité organisée.

Début octobre, lors d’une visite ouverte à la presse du centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe, son directeur Vincent Vernet avait assuré qu’il avait été prévu un «maximum d’activités au sein du bâtiment pour vraiment sectoriser les choses et étanchéifier par rapport aux autres quartiers». Pour limiter le nombre d’extractions judiciaires, «on a créé […] une salle de visioconférence dans le bâtiment», avait-il ajouté.

Le garde des Sceaux a évalué à environ 500 le nombre de détenus considérés comme particulièrement dangereux parmi les 86 000 personnes actuellement incarcérées en France. Les QLCO sont censés les empêcher de communiquer avec l’extérieur, notamment pour continuer à gérer leurs trafics. A «Vendin-le-Vieil il n’y a pas eu un drone, il n’y a pas eu un téléphone portable, il n’y a pas eu une clé USB et la sécurité est totale dans cet établissement», s’est félicité le ministre du TF1 mardi.

L’établissement pénitentiaire héberge notamment le seul survivant des commandos terroristes du 13 novembre 2015, Salah Abdeslam, et le narcotrafiquant Mohamed Amra, dont la médiatique évasion en mai 2024 à coûté la vie à deux agents pénitentiaires. Le centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe a, de son côté, connu plusieurs prises d’otages et attaques de surveillants ces dernières années alors qu’il est l’un des plus récents et modernes de France.

Un autre QLCO doit ouvrir à Réau (Seine-et-Marne) «en juin 2026», a annoncé Gérald Darmanin. Suivront Valence, Aix-en-Provence, puis Saint-Laurent-du-Maroni (Guyane), «à la fin de l’année 2028».

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