La litanie des cas s’achève. «Henri Quenillet était le douzième mort et la trentième victime de cette liste de l’horreur…» La voix de l’avocate générale, Thérèse Brunisso, qui en a pourtant vu d’autres, s’étrangle. «La suite de l’histoire vous la connaissez, c’est le début de l’affaire Péchier…» La magistrate chevronnée, forte d’une quarantaine d’années de carrière, s’accroche au pupitre devant elle. Les larmes viennent la surprendre.
C’est la fin d’un marathon judiciaire intense et éprouvant, d’une audience hors norme, par la nature et la sérialité des faits, les quelque 170 témoins et experts auditionnés, les plus de 190 parties civiles constituées. L’instant – rarissime – dit tout de l’enjeu, de la tension et de la charge émotionnelle qui planent depuis trois mois sur le procès de l’ancien anesthésiste, Frédéric Péchier, 53 ans, jugé pour l’empoisonnement de 30 patients – douze n’ont pas survécu – dans deux cliniques de Besançon, de 2008 à 2017.
Durant deux jours, l’accusation s’est lancée dans une opération rouleau compresseur. Les avocates générales, Thérè




