«Nous le dirons jusqu’au bout, ce dossier doit être jugé par les citoyens de notre pays», a fait savoir Romain Ruiz, l’un des avocats d’Abou Zayed, le principal suspect dans l’attentat de la rue des Rosiers. Lui et Hazza Taha, autre suspect, annoncent se pourvoir en cassation ce mercredi 26 novembre pour contester leur renvoi devant la cour d’assises spéciales (c’est-à-dire composée de magistrats et non de jurés citoyens). La cour d’appel de Paris avait balayé leur recours lundi.
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Fin juillet, des juges d’instruction antiterroristes avaient ordonné un procès contre six hommes suspectés d’être impliqués dans cet attentat commis à Paris en 1982, qui avait tué six personnes. Deux suspects ont été mis en examen en France. Abou Zayed, Norvégien d’origine palestinienne âgé de 67 ans, est considéré comme l’un des tireurs et est détenu en France depuis 2020. Hazza Taha, né en Cisjordanie, 65 ans aujourd’hui, est quant à lui soupçonné d’avoir caché des armes à l’époque. Les quatre autres suspects font l’objet de longue date de mandats d’arrêt.
«Ce dossier est une partie de notre histoire, née avant les lois antiterroristes et la justice d’exception qui se les accaparent depuis trop longtemps», poursuivent les avocats Romain Ruiz, Bruno Gendrin et Raphaël Kempf.
L’arrêt de la cour d’appel de lundi «soulève de sérieuses interrogations sur sa rigueur juridique et sa cohérence avec les principes fondamentaux du droit», a pointé de son côté Yassine Bouzrou, le conseil de Hazza Taha, qui critique le «manque de fondement» et la «qualité discutable» de la décision.
Rebondissements
Le 9 août 1982, six personnes ont été tuées et 22 blessées dans le quartier juif du Marais à Paris, dans l’explosion d’une grenade dans le restaurant Jo Goldenberg puis dans une fusillade perpétrée par un commando de trois à cinq hommes. L’attentat a été attribué au Fatah-Conseil révolutionnaire d’Abou Nidal, groupe palestinien dissident de l’Organisation de libération de la Palestine.
Ce dossier a connu de nombreux rebondissements. Le dernier en date s’est produit en septembre, lorsque les autorités palestiniennes ont annoncé l’arrestation du Palestinien Hicham Harb, superviseur allégué de l’attentat. Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a promis récemment dans le Figaro une extradition rapide, puisque «la reconnaissance de l’Etat de Palestine par la France [a] créé un cadre approprié pour cette demande française».




