Il a raconté cette histoire tant de fois. 21h47, la Brigade de recherche et d’intervention (BRI), qu’il dirige à l’époque, est déclenchée, après une série de tirs sur des terrasses parisiennes. Direction rue de Charonne, dans le XIe arrondissement. Sur la route, un appel de son directeur : «Tu vas au Bataclan.» Demi-tour. 22h20, son équipe arrive devant la salle de spectacle assiégée. Court échange avec les primo-intervenants de la BAC75N, la «bac de nuit» de Paris. 22h25, la BRI pénètre à l’intérieur et découvre «une scène à laquelle personne n’était préparé». «Sur le sol, des centaines de corps. Des morts, des blessés, des valides. Tout le monde était couché», retrace à nouveau le commissaire divisionnaire Christophe Molmy ce mercredi, face à la cour d’assises spécialement composée au dixième jour du procès des attentats du 13 novembre 2015.
Il ressasse les souvenirs monstrueux qu’il garde de cette nuit-là : «L’odeur du sang qui prend à




