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Procès des viols de Mazan : «Comment fait-on pour se reconstruire sur des cendres ?»

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Caroline Darian, la fille de la victime et du principal accusé, s’est exprimée pour la première fois ce vendredi 6 septembre devant la cour criminelle départementale du Vaucluse. Les deux belles-filles ont également pris la parole sur ce «cataclysme» familial.

Arrivée de Caroline Darian, la fille de Gisèle Pelicot à Avignon à l'ouverture du procès, le 2 septembre. (Arnold Jerocki/Libération)
ParMarlène Thomas Decreusefond
Envoyée spéciale à Avignon (Vaucluse)
Publié le 06/09/2024 à 22h09

Elle avait une vingtaine de minutes. Vingt minutes pour résumer la démolition non pas d’une vie, mais de deux vies. Entre deux expertises en visioconférence, Caroline Darian, la fille de Gisèle et Dominique Pelicot, s’est exprimée ce vendredi 6 septembre en fin de matinée, devant la Cour criminelle départementale du Vaucluse, «au nom de [sa] fratrie». Un écho au front uni que cette famille, catapultée par l’horreur des violences, présente face à Dominique Pelicot, principal accusé de ce procès-fleuve où 51 hommes sont poursuivis, en majorité pour viols aggravés. «Il y a eu un avant et un après 2 novembre 2020, précisément à 20h25, ma vie a littéralement basculé», déclare cette femme de 45 ans, après un silence ému.

Autrice du livre témoignage Et j’ai cessé de t’appeler Papa (ed. JC Lattès), Caroline Darian a longtemps été l’unique voix de la famille. D’un ton calme et assuré, elle dessine derrière ce «cataclysme» un passé lointain : cette «famille unie», ce «papa affectueux, démonstratif», qu’elle désigne par son prénom à la cour. «J’aimais l’image de ce père.» Un tableau banal complété par les déclarations de ses bell

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