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Procès des viols de Mazan : les avocats de la défense dénoncent «des comportements délictueux» à l’encontre des accusés

Les avocats de la défense ont pris la parole ce lundi 9 septembre pour dénoncer les menaces et intimidations dont feraient l’objet leurs clients, et demander au président de la cour criminelle du Vaucluse de «tout faire pour garantir la sérénité des débats».

Me Patrick Gontard et Me Béatrice Zavarro, avocate de Dominique Pelicot. (Arnold Jerocki/Libération)
Publié le 09/09/2024 à 16h00

Les avocats de la défense se sont tous levés, une vague d’une vingtaine de robes noires, dominant d’un coup la cour criminelle départementale du Vaucluse. Seul l’un d’entre eux a pris la parole, ce lundi 9 septembre, au sixième jour du procès de Dominique Pelicot et de 50 autres hommes, accusés d’avoir, par son entremise, violé son épouse plongée dans un coma médicamenteux. Me Paul-Roger Gontard, qui représente deux personnes jugées ici, s’exprime avec gravité, au nom de tous ses confrères : «L’œuvre de justice c’est la garantie d’un procès équitable et de la présomption d’innocence.» Et de réitérer des inquiétudes déjà évoquées vendredi quant à la diffusion des noms des accusés et de plusieurs éléments de leurs vies privées sur les réseaux sociaux, «au mépris des règles les plus élémentaires de notre droit, socle de notre démocratie». Pour rappel, la présomption d’innocence, principe à valeur constitutionnelle, implique que les individus jugés soient considérés comme innocents, tant qu’ils n’ont pas été déclarés coupables par la juridiction compétente.

«La diffusion de ces informations a conduit dans le week-end à des comportements délictueux que nous nous devons, avocats de la défense, de dénoncer et de combattre», écrivent les avocats dans un communiqué commun distribué dans la foulée aux journalistes présents, pendant une courte suspension. Une quinzaine de plaintes sont en cours de dépôt auprès du procureur de la République, ajoute Paul-Roger Gontard, notamment pour «atteintes à la vie privée», «menaces» et «divulgation de données personnelles». En quelques jours, «des enfants d’accusés ont été pris à partie au sein de leur établissement scolaire, des épouses et proches d’accusés ont été insultés, des appels téléphoniques malveillants […] avec tentative d’intrusion» ont été recensés, ajoutent les avocats dans leur déclaration. «Nous, avocats de la défense, demandons à la cour et à son président une obligation de moyens pour empêcher que soit compromise la dignité des débats, et de tout mettre en œuvre afin d’empêcher la captation d’images de nos clients sans autorisation», poursuit Paul-Roger Gontard. Sans s’épancher, le président de la cour, Roger Arata, acquiesce, assurant «s’associer à tout ce qui vient d’être dit». «Cela tombe sous le sens […], a-t-il continué, l’audience sera longue, il faut que nous retrouvions une solennité totale.»

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