On raconte rarement le bonheur dans une cour d’assises mais, ici, on l’entrevoit parfois, comme un interstice dans le chaos : c’est la bouteille de vin pétillant emportée par Alix, toute à la joie de retrouver son amie Charlotte, c’est l’inséparable bande du bar de la Belle-Equipe qui fête l’anniversaire de la gérante, Hodda, 35 ans, ou le champagne servi par son frère, Khaled, derrière le comptoir. C’est l’air si doux et l’ambiance si «idyllique» de cette terrasse bondée. C’est la soirée en amoureux de Lamia et Romain. Dans la salle d’audience en bois clair, les parties civiles racontent tour à tour leur insouciance envolée, elles agrippent d’une main tremblante les feuilles posées sur le pupitre, ces quelques lignes où il ne reste plus que la terreur, les corps enchevêtrés, le sang et les hurlements qui déchirent la nuit. Le 13 novembre 2015, Khaled a recouvert les dépouilles de ses sœurs Hodda et Halima de draps blancs. Dominique a regardé son fils Victor «endormi» derrière une vitre à l’Institut médico-légal. Nadia était elle aussi dans
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Procès du 13 Novembre : «Je n’étais pas là pour son dernier souffle, pour le dernier battement de son cœur»
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Devant la cour d’assises de Paris spécialement composée, les parties civiles ont continué de se succéder pour décrire la violence et la peur, le deuil et la reconstruction, après l’attaque au bar la Belle-Equipe, dans le XIe arrondissement.
Devant le bar la Belle-Equipe, dans le XIe arrondissement de Paris, le 20 novembre 2015. (Frédèric Stucin/Libération)
Publié le 05/10/2021 à 20h57
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