La justice a parfois la capacité de faire mentir les fables. Depuis plusieurs semaines, d’anciens hauts dirigeants de la multinationale Lafarge, dont son ancien directeur général Bruno Lafont, ainsi que la société, en tant que personne morale, sont jugés par la 16e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris pour financement du terrorisme en Syrie. Ce vendredi 12 décembre, les avocats des parties civiles, notamment des associations Sherpa et European Center for Constitutional and Human Rights (ECCHR), qui avaient déposé plainte contre le cimentier en novembre 2016, mais aussi d’anciens salariés locaux de l’usine et de victimes du terrorisme, ont plaidé pour que le pot de fer ne l’emporte pas sur le pot de terre.
«Comment ces personnes éduquées, qui ont des carrières admirables, ont atteint des postes hiérarchiques, ont l’air d’être des pères de famille aimants, ont pu prendre des décisions qui nous paraissent si ahurissantes, si lourdes de conséquences, comment des personnes ont pu manquer autant de discernement ?» interroge l’avocat Grégoire Rialan, qui représente Sherpa et ECCHR. Pour lui, le mobile est limpide : «C’était la préservation de l’investissement.»




